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Luttes

La première Zad suisse, qui s’opposait à Lafarge, détruite par la police

Les militants de la Zone à défendre du Mormont, en Suisse, ont été délogés par les forces de police, ce mardi 30 mars. Installés depuis octobre 2020, ils luttent contre le projet d’extension d’une carrière de calcaire exploitée par le cimentier LafargeHolcim.

Chasse-neige, pelleteuse et tronçonneuses auront eu raison des barricades. Mardi 30 mars, à l’aube, plusieurs dizaines de policiers ont débarqué au pied de la colline du plateau vaudois. Ils ont donné une demi-heure aux zadistes, perchés sur la butte, pour abandonner les lieux. Bien décidés à résister jusqu’au bout, les militants ont alors essuyé les charges des forces anti-émeutes.

Arrivés en octobre 2020, les zadistes protestaient contre l’extension de la carrière de calcaire de LafargeHolcim. S’il exploite quelque 2 800 mètres carrés de la colline depuis près de 25 ans, le cimentier arrivera en 2022 à la limite du périmètre autorisé. Désireux de reconduire son affaire, le géant des matériaux cherche à obtenir de nouveaux permis. Un projet dévastateur pour la flore de ce recoin du Jura, à l’origine de l’éclosion de la toute première ZAD de l’histoire helvète… et de son slogan « Orchidées contre béton armé ! »

Barricades détruites, zadistes interpellés

« Veuillez cesser toute violence et acte de résistance. » Sommations faites, les forces de police ont progressé dans le territoire défendu. Munis d’une pelleteuse, d’un chasse-neige et de tronçonneuses, ils ont détruit les barricades et autres obstacles. Certains manifestants, nichés dans les arbres, ont été délogés à l’aide d’une nacelle. Quelques affrontements ont suivi, les zadistes répondant aux policiers par des jets de bombes de peinture, de pierres et de fumigènes.

Plusieurs dizaines d’habitants d’Eclépens, le village voisin, étaient venus soutenir les militants. Selon la police, trente-quatre personnes ont été interpellées. Presque toutes auraient ensuite été reconduites à la gare la plus proche puis remises en liberté. Si ce soir, la Zad n’est plus, le projet d’extension de la mine reste pour l’heure suspendu à un recours au Tribunal fédéral.

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