La tomate, fille du soleil et de la chaleur

11 mars 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Avec le début du mois de mars vient le temps des premières germinations. Si la rhubarbe a passé l’hiver sans dommage, les tomates doivent grandir chez une nourrice.

Nous avons pris le parti de cultiver les plantes qui veulent bien s’acclimater et pousser sans avoir besoin d’y apporter trop de soin. Il y a les arbres et les arbustes, les plantes aromatiques, les annuelles qui se ressèment d’une année à l’autre et celles que l’on peut semer directement dans le jardin. C’est à partir de mars, quand le jardin se réveille, que l’on peut observer et voir ce qui a résisté à l’hiver, ce qui veut bien germer à nouveau. Cette semaine, les rhubarbes confirment leur présence.

Mais germer n’est pas survivre. Même après plusieurs siècles d’acclimatation par l’homme, les tomates ne poussent pas toutes seules dans notre potager essonnien. Nous y avons vu des graines, ayant passé l’hiver dehors, germer en plein mois d’avril à la faveur d’un redoux pour disparaître à peine sortie de leur dormance, détruites par le retour du froid et de l’humidité. Ces solanacées, originaires d’Amérique du Sud, sont filles du soleil et de la chaleur. Leur centre d’origine se situe sur le versant ouest du continent sud-américain, dans un territoire allant du sud de la Colombie au nord du Chili, des contreforts des Andes à la côte du Pacifique.

Les rhubarbes ont franchi le cap de l’hiver.

Devrions-nous pour autant renoncer à les cultiver dans le Jardin sans pétrole ? Les résultats sont tangents, certes, mais le défi reste séduisant. J’ai préparé les semis mi-avril l’an dernier dans une petite cagette. Derrière notre fenêtre au premier étage, les graines de tomates ont germé, mais filé rapidement… C’est-à-dire que les tiges s’allongent pour tenter d’attraper le soleil et elles se fragilisent… Impossible de les garder à la maison.

Mais, chaque année, nous trouvons une nourrice qui habite un appartement suffisamment lumineux. Cette année, c’est Marguerite, qui est repartie dimanche à Ivry-sur-Seine avec la cagette de semis. Mardi, elle m’a envoyé ce texto rassurant : « Les tomates qui piquaient du nez vont de mieux en mieux et semblent remises dans le droit chemin. Les autres narguent la gravité pleine de la force empirique de la nature. Il n’y a plus qu’à espérer que les jours à venir la météo nous soutienne par quelques beaux rayons de soleil. » Il y a de la graine de poésie chez cette jeune femme.




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Lire aussi : Repiquer tomates et basilic, tout un art, au Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf
. chapô : Unsplash (Chad Stembridge/CC0)

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