Le Conseil d’État valide la construction de 21 mégabassines en Charente-Maritime
Une mégabassine à Cramchaban, dans le Marais poitevin. - Flickr / CC BY-NC 2.0 / Bassines non merci
Une mégabassine à Cramchaban, dans le Marais poitevin. - Flickr / CC BY-NC 2.0 / Bassines non merci
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C’est un revers pour les associations écologistes opposées aux mégabassines. Le 30 avril, le Conseil d’État a validé la création de 21 « réserves de substitution » en Charente-Maritime. Il rejette, dans sa décision, la demande de trois ONG (Nature Environnement 17, SOS Rivières et environnement et la Ligue pour la protection des oiseaux).
Ces associations requéraient l’annulation d’un arrêté du 26 septembre 2018 délivrant au syndicat mixte des réserves de substitution de la Charente-Maritime (Syres 17) l’autorisation de construire et d’exploiter des mégabassines dans le bassin de la Boutonne, un affluent de la Charente. Elles stockeraient 5 millions de mètres cubes d’eau, soit la consommation annuelle de près de 92 000 Français et Françaises.
En février 2021, les trois ONG avaient réussi à faire supprimer cet arrêté en saisissant le tribunal administratif de Poitiers. Ce jugement avait ensuite été annulé, en mai 2024, par la cour administrative de Bordeaux, qui avait considéré que l’étude d’impact et l’évaluation des incidences du projet sur l’environnement étaient suffisantes, et que la construction de ces mégabassines ne présentait pas un risque suffisamment caractérisé.
Dans sa décision, le Conseil d’État a estimé que la cour administrative de Bordeaux n’avait pas commis d’erreur de droit. Il s’agissait de l’ultime recours possible des associations opposés à ce projet.
Les opposants dénoncent le fait que ces mégabassines ne soient destinées qu’à 67 exploitations agricoles, principalement « des grandes cultures de maïs, blé ou soja arrosées aux pesticides », nous expliquait en mai 2024 Marie Bomare, responsable juridique de l’association Nature Environnement 17. Le tout pour un coût de 32 millions d’euros, « dont 80 % d’argent public ».
Françoise de Roffignac, la présidente du Syres 17, argue quant à elle que la « sécurisation de l’approvisionnement en eau » permettra « d’augmenter le bio et les cultures de plein champ vendues en local ».