Le Tour de France menacé par la hausse des températures
Étape du Tour de France 2024 à Saint-Sorlin-en-Bugey, dans l'Ain. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Chabe01
Étape du Tour de France 2024 à Saint-Sorlin-en-Bugey, dans l'Ain. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Chabe01
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La chaleur aura-t-elle la peau du Tour de France ? Une étude, menée par l’Institut national de recherche pour le développement durable (IRD) et publiée le 24 février dans la revue Scientific Reports, révèle que la hausse progressive des températures menace de plus en plus l’organisation des événements sportifs estivaux en Europe — et notamment la Grande Boucle.
Les auteurs de cette étude ont cherché à évaluer les niveaux de risque de stress thermique auxquels les coureurs du Tour de France ont été soumis entre 1974 et 2023, à différents endroits et dates. « Les résultats montrent que, aux dates et aux endroits où la course se déroule, le risque de stress thermique a augmenté régulièrement au fil des ans, la dernière décennie ayant accumulé le plus grand nombre d’épisodes de chaleur extrême », écrivent les auteurs.
Ils soulignent que si la course cycliste a jusqu’ici réussi à éviter les conditions présentant un risque maximal pour la santé, c’était « dans certains cas, à seulement quelques jours ou quelques dixièmes de degré près ».
« La ville de Paris, par exemple, a franchi le seuil de risque élevé de chaleur à 5 reprises en juillet, dont 4 depuis 2014, observe Ivana Cvijanovic, chercheuse à l’IRD et première autrice de l’étude. D’autres villes ont connu de nombreux jours de chaleur extrême en juillet, mais heureusement pas à la date d’une étape du Tour de France. [...] Avec la fréquence croissante des vagues de chaleur record, ce n’est qu’une question de temps avant que le Tour ne soit confronté à une journée de stress thermique extrême qui mettra à l’épreuve les protocoles de sécurité existants. »
Les auteurs recommandent d’être particulièrement prudents lors de la planification des étapes dans certaines régions, notamment Toulouse, Pau et Bordeaux dans le sud-ouest ; Nîmes et Perpignan dans le sud-est ; mais aussi à Lyon et Paris. Il convient également selon eux d’adapter les horaires pour réduire les risques, pour les athlètes comme pour le personnel de l’événement et pour les spectateurs.