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Nucléaire

Le gendarme du nucléaire réclame plus de « rigueur industrielle » aux acteurs de la filière

La rigueur est « le premier enjeu de sûreté nucléaire », a rappelé le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) Bernard Doroszczuk lors de ses traditionnels vœux à la presse, jeudi 23 janvier dans les locaux du gendarme du nucléaire. « Il y a un an, nous avions constaté un besoin de ressaisissement de la filière. 2019 a confirmé ce besoin », a-t-il indiqué, précisant néanmoins que l’année écoulée a été marquée par « une plus grande prise de conscience par les exploitants du défi industriel et du devoir de rigueur auxquels ils doivent faire face ».

Irrégularités et fraudes découvertes à l’usine du Creusot, découverte de malfaçons sur la cuve et les soudures de l’EPR de Flamanville entraînant d’importants retards... Ces dernières années, plusieurs scandales industriels ont éclaboussé la filière nucléaire. Face à ce phénomène, un « plan d’action contre les irrégularités » a été déployé, assorti de contrôles répétés de l’ASN. Bilan, ils ont confirmé « le manque de rigueur, notamment pour les procédés spéciaux : soudures, surveillance des activités par les acteurs. Lors de contrôles, nous avons déjà vu un opérateur usurper l’identité d’un autre pour réaliser un contrôle, sans que ce soit indiqué. Nous avons aussi observé un problème de culture de sûreté, avec par exemple des opérations de surveillance déclarées alors qu’elles n’avaient pas été effectuées », a déclaré M. Doroszczuk.

Ces difficultés avaient déjà été pointées par le rapport de Jean-Martin Folz remis au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, à la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, et au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, le 28 octobre dernier. Ce dernier délivrait un certain nombre de préconisations, parmi lesquelles une meilleure formation des soudeurs. « Elles vont dans le bon sens, mais ne devraient pas être centrées sur les projets de construction en cours ou espérés mais étendues aux travaux lourds de maintenance et au réexamen de sûreté des 58 réacteurs en fonctionnement en France », a encore jugé M. Doroszczuk.

  • Source : Reporterre

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