Le marché des maisons en bois explose

Durée de lecture : 3 minutes

17 janvier 2011 / Xerfi

Les mises en chantier de construction en bois a doublé entre 2000 et 2010 et atteint près de 15.000 unités par an.


Le marché français des maisons en bois s’annonce prometteur. Les mises en chantier de ces constructions durables ont ainsi plus que doublé au cours de la décennie 2000-2010 et établi un record à quelques 15 000 unités annuelles en 2008. Une performance au regard de la dynamique de l’ensemble de la maison individuelle qui témoigne d’un véritable engouement.

Après le retournement observé entre 2008 et 2010, les experts de Xerfi pronostiquent dans cette étude le retour à la croissance, avec près de 22 000 maisons en bois à l’horizon 2014. A l’origine de l’envolée des ventes de ce type de constructions, trois principauxfacteurs :

- une forte demande latente pour la maison. En quête d’un nouveau cadre de vie et plus sensibles à la cause environnementale, de plus en plus de Français rêvent de devenir propriétaires d’une maison écologique à la campagne ou en zone périurbaine ;
- une législation favorable. Avec le durcissement de la réglementation
thermique des bâtiments, les pouvoirs publics ont favorisé les écoconstructions. Dans ce contexte, le bois - matériau de construction qui dispose de sérieux atouts intrinsèques - convainc un nombre croissant de maîtres d’oeuvre et d’architectes ;
 - un accroissement de l’offre, qui trouve son origine dans
l’augmentation de l’échelle de production chez les acteurs historiques
et dans la multiplication d’entrées d’acteurs disposant d’emblée d’une
force de frappe industrielle (Sillet, Gascogne, Bénéteau, etc.). Grâce à
ces deux phénomènes conjoints, l’offre est aujourd’hui davantage
structurée et en mesure de diffuser à plus grande échelle la maison en
bois.

Dominé jusqu’au milieu des années 2000 par une multitude de TPE familiales et locales de charpenterie réalisant des constructions sur-mesure, le secteur connaît une phase d’industrialisation depuis 10 ans. Une mutationindubitablement accélérée par l’entrée de nouveaux intervenants de poidsdont les principaux affichent bien souvent des capacités supérieures à 500 unités par an. Cette pénétration d’industriels de poids a également permis d’introduire de la concurrence dans un secteur au sein duquel le prix s’impose comme un enjeu majeur.

Une nécessaire démocratisation de l’offre…

Le prix moyen d’une maison à ossature bois (les trois-quarts des
réalisations) est 10% à 20% plus élevé que celui d’une construction
traditionnelle en parpaings ou en briques. Pour améliorer l’attractivité de la maison bois, nombre de réalisateurs doivent faire évoluer leur business model. La réduction des coûts, qui passe entre autres par une standardisation des composants en atelier, est ainsi devenue prioritaire chez les réalisateurs pionniers.

Les réalisateurs et la constructeurs-réalisateurs ou non (Jacob, Ossabois, GICO ou encore Aboxia) l’ont bien compris, en multipliant depuis 5 ans les dépenses d’investissements consacrées à l’extension de leurs capacités de production.

… et clarification de la distribution

Afin de proposer une offre simplifiée et standardisée aux acheteurs
potentiels, tout en garantissant à ces derniers une qualité et une proximité de services, les opérateurs doivent s’appuyer sur un vaste réseau d’agences. Un outil de communication efficace, comme le catalogue, des réseaux de vente spécialisés, des marques dédiées ainsi qu’un tissu de sociétés de montage apparaissent également indispensables.

Dans ces conditions, la filière de la maison en bois pourrait à terme se
reconfigurer autour de deux grandes catégories d’acteurs avec :
- d’un côté, une minorité d’entreprises de dimension industrielle qui
produiront une offre d’entrée de gamme et standardisée pour les
constructeurs de maisons individuelles visant les primo-accédant ;
- de l’autre, une multitude d’artisans charpentiers-menuisiers qui
privilégieront les contrats locaux avec des architectes pour construire des maisons d’exception s’adressant aux ménages aisés.



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Source : [http://www.xerfi.fr/etudes/1BAT30.pdf]

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