Le moratoire sur l’eau pourrait entraver l’adoption du plus grand schéma de l’eau de France
Plus de 3 000 personnes se sont déplacées pour défendre la réduction des quantités de pesticides dans l’eau, à Rennes, le 10 janvier 2026. - © Quentin Bonadé-Vernault / Reporterre
Plus de 3 000 personnes se sont déplacées pour défendre la réduction des quantités de pesticides dans l’eau, à Rennes, le 10 janvier 2026. - © Quentin Bonadé-Vernault / Reporterre
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Une nouvelle carte vient d’être abattue pour tenter de freiner l’adoption du Sage de la Vilaine, le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau de la Vilaine, le plus grand de France. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 13 janvier un moratoire immédiat sur les décisions liées à la politique de l’eau, au moins jusqu’au Salon de l’agriculture, qui aura lieu du 21 février au 1er mars. Conséquence : toutes les décisions liées à l’eau sont suspendues, y compris localement, dont le Sage Vilaine, a confirmé le ministère de l’Agriculture à la presse.
Pour rappel, le nouveau Sage de la Vilaine décide des grandes orientations en termes de gestion de l’eau sur tout le bassin hydrographique de la Vilaine, entre la Bretagne et les Pays de la Loire. Il propose notamment d’interdire les herbicides de maïs sur les parcelles à forte pente près des aires de captage d’eau potable. Une mesure qui passe très mal au sein d’une partie du milieu agricole breton et ligérien, à tel point que la FNSEA — syndicat majoritaire productiviste —, les Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale — un syndicat proche de l’extrême droite — ont entravé la tenue de la dernière réunion de la Commission locale de l’eau (CLE), l’instance décisionnelle du SAGE.
« Enfin nous avons été entendus ! se réjouissent les sections locales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs dans un communiqué. En application du moratoire annoncé, nous demandons que les travaux de la CLE Vilaine soient immédiatement suspendus. Si ce n’est pas le cas, nous serons présents pour protester lors des prochaines réunions. »
En face, les architectes du Sage de la Vilaine se montrent confiants. « La CLE est une instance souveraine, c’est à elle de décider de l’adoption du Sage Vilaine, ce n’est pas une décision de l’État, donc on garde notre cap. La prochaine réunion aura bien lieu le 16 janvier », maintient Ludovic Brossard, élu à l’alimentation durable à la ville de Rennes et membre de la CLE. Il craint cependant que les services de l’État ne puissent pas siéger à la CLE en raison du moratoire, et que le préfet ne ratifie pas le Sage, ce qui pourrait retarder son adoption.
Dans un contexte de multiples « reculs environnementaux et climatiques », l’interdiction des pesticides de maïs sur les aires prioritaires « constitue une avancée indispensable », a déclaré dans un communiqué la maire de Rennes, Nathalie Appéré, pour qui « la sortie des pesticides est inéluctable ». « Il en va de notre santé. »