Le pétrolier Perenco accusé de la mort de six de ses employés au Gabon
L'explosion s'est produite sur une plateforme pétrolière au large du Gabon (photo d'illustration). - Wikimedia Commons / CC BY 3.0 BR / Agência Brasil
L'explosion s'est produite sur une plateforme pétrolière au large du Gabon (photo d'illustration). - Wikimedia Commons / CC BY 3.0 BR / Agência Brasil
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Un rapport de l’Environmental Investigation Agency (EIA), consulté par Le Monde, pointe la responsabilité du pétrolier français Perenco dans la mort de six de ses employés au Gabon. Le drame a eu lieu le 20 mars 2024 sur la plateforme pétrolière offshore de Becuna. Ce jour-là, une forte explosion, suivie d’un incendie, a coûté la vie à quatre Gabonais, un Camerounais et un Français.
D’après l’EIA, la plateforme avait déjà fait l’objet d’un récent accident. « Deux semaines avant l’explosion, deux dangereuses remontées de pétrole s’étaient produites », selon le rapport de l’ONG, qui pointe que « des équipements de sécurité essentiels qui auraient pu empêcher l’explosion faisaient défaut ». Ce n’est pas la seule cause du drame, indique l’EIA : « L’explosion a également été causée par une culture de travail toxique et par la pression considérable que les cadres du groupe basé à Paris et Londres exercent sur les travailleurs afin que la production se maintienne à tout prix. »
Deuxième pétrolier français après TotalEnergies, Perenco s’est spécialisé dans l’exploitation de champs d’hydrocarbures en fin de vie. La compagnie franco-britannique est régulièrement accusée d’employer des méthodes d’extraction particulièrement polluantes. Elle est devenue un poids lourd de l’industrie fossile sous la direction de son fondateur, Hubert Perrodo, et de l’ingénieur Jean-Michel Runacher, père de l’actuelle ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.