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En bref — Eau, rivières, océans

Le procès du « système Nestlé » à Vittel devrait bientôt avoir lieu

La conseillère départementale de Vittel Claudie Pruvost sera jugée pour prise illégale d’intérêts. Son procès, qui devrait avoir lieu dans les prochains mois, pourrait mettre en cause Nestlé, qui puise abondamment de l’eau dans les sous-sols de Vittel. En mai dernier, Reporterre avait enquêté sur ce « système Nestlé » qui contrôle non seulement l’eau, mais aussi la politique locale, les terres et les esprits.

L’affaire a commencé en octobre 2016, lorsque l’association anticorruption Anticor a effectué un signalement auprès du parquet d’Épinal sur un éventuel conflit d’intérêts de la part de Claudie Pruvost. À l’époque, la conseillère départementale est présidente de la commission locale de l’eau, organisme chargé d’examiner les scénarios d’action possibles pour remédier au déficit chronique de la nappe d’eau profonde de Vittel. L’association soulignait le fait que Claudie Pruvost soit l’épouse de Bernard Pruvost, alors cadre chez Nestlé, et qu’elle ait donc pris part à des décisions préservant les intérêts de la multinationale suisse.

Près de deux ans plus tard, à l’été 2018, le procureur d’Épinal, Étienne Manteaux, affirmait que la phase d’enquête préliminaire tendait « à démontrer que, lors du processus d’élaboration du schéma d’aménagement et de gestion de la nappe GTI par la commission locale de l’eau, des faits pouvant recevoir la qualification pénale de prise illégale d’intérêts sont susceptibles d’avoir été commis par Claudie Pruvost et l’association Vigie de l’eau [présidée par Bernard Pruvost] ». La peine maximale encourue est de cinq ans d’emprisonnement et 500.000 € d’amende. Quelques semaines plus tard, l’affaire était dépaysée, transmise au parquet de Nancy.

Informée de la décision judiciaire, Claudie Pruvost s’est montrée sereine : « Nous allons enfin avoir accès à la procédure et savoir, juridiquement, ce qui est potentiellement répréhensible ou pas », a-t-elle déclarée à Vosges Matin.

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