123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefOcéans

Le réchauffement des océans menace des bactéries cruciales pour notre oxygène

Les prochlorococcus sont des cyanobactéries marines d'importance mondiale.

C’est l’organisme marin qui participe le plus à la photosynthèse, qui permet de libérer de l’oxygène dans l’atmosphère, mais sa population pourrait baisser avec le réchauffement des océans. Le 8 septembre, une étude publiée dans la revue Nature Microbiology indique que la hausse de la température des eaux marines mènerait à une réduction du nombre de cyanobactéries appelées prochlorococcus. Présents dans plus de 75 % des eaux de surface du globe, ces organismes réalisent 5 % de la photosynthèse mondiale.

Après plus de dix ans de recherches, et l’analyse de près de 800 milliards de prochlorococcus, l’équipe de scientifiques estime que cette bactérie se développe le plus dans une eau entre 17,7 et 28,8 °C. Mais une fois que la température dépasse cette limite, la population de ces cellules et leur taux de reproduction baisseraient fortement. Des niveaux que dépasseront les océans subtropicaux et tropicaux d’ici 2100, selon les projections climatiques.

Ainsi, en fonction des scénarios plus ou moins modérés de réchauffement des eaux, la population de cette cyanobactérie pourrait baisser de 10 à 37 %, selon cette étude. Ce qui entraînera une baisse de production d’oxygène liée à leur activité de photosynthèse.

Une problématique importante au vu du rôle de cette cyanobactérie dans la chaîne trophique. « Pendant longtemps, les scientifiques pensaient que les prochlorococcus allaient bien s’en sortir dans le futur, explique François Ribalet, océanographe à l’université de Washington, qui a mené cette étude. Mais dans les régions les plus chaudes, ils ne vont pas si bien, ce qui veut dire qu’il y aura moins de nourriture pour le reste de la faune marine. »

legende