Les Écologistes affûtent leur stratégie pour s’emparer des mairies
Marine Tondelier (à d.), secrétaire nationale des Écologistes, avec Lucie Castets, fonctionnaire et économiste, aux journées d'été du parti à Strasbourg, le 21 août 2025. - © Sebastien Bozon / AFP
Marine Tondelier (à d.), secrétaire nationale des Écologistes, avec Lucie Castets, fonctionnaire et économiste, aux journées d'été du parti à Strasbourg, le 21 août 2025. - © Sebastien Bozon / AFP
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Municipales — Comme en 2020, Les Écologistes veulent une nouvelle vague verte aux municipales de 2026. Aux journées d’été du parti, un triple mot d’ordre a été formulé : protéger, réparer, résister.
Strasbourg (Bas-Rhin), reportage
Sur la scène, des élus tout sourire. Dans la salle, des militants impatients. Le 21 août, c’est dans un amphithéâtre bondé que se sont ouvertes les journées d’été des Écologistes (JDE) à Strasbourg, jusqu’au 23 août. Au micro, cadres et élus alsaciens se sont succédé pour souhaiter la bienvenue aux militants et sympathisants avant de laisser place à la première plénière de l’événement dédiée aux élections municipales de mars 2026.
À sept mois du scrutin, l’échéance électorale est dans tous les esprits. Comment « poursuivre et amplifier » la vague verte ayant déferlé sur les grandes villes françaises en 2020 ? Coanimatrices du pôle élues des Écologistes et de ce premier rendez-vous des JDE, Sabrina Decanton et Margot Belair proposent d’abord de « tisser un récit commun » autour de trois thématiques : protéger, réparer et résister.
« Protéger par les politiques publiques que l’on peut mener à l’échelon municipal, protéger les valeurs de liberté et d’égalité », « réparer, après, des années de sabotage du service public dans certaines communes » et enfin « résister face à la montée de l’extrême droite et au recul des droits ».
Une écologie politique « du quotidien »
Pour illustrer ce triptyque de manière concrète, la plénière a convié neuf intervenants écologistes aux profils contrastés. Trois pour chacune des thématiques.
Journaliste, Philippe Chibani-Jacquot a étudié une quarantaine de municipalités écologistes depuis 2020 pour en faire un livre : L’Écologie municipale racontée à celles et ceux qui n’y croyaient pas (éd. Les Petits matins, 2025). Vinciane Faber est maire de Louvil (Nord), un petit village de moins de 900 habitants : elle a été élue sans faire campagne sur son étiquette. David Belliard est chef de file des Écologistes à Paris, membres de la majorité dans les 12e et 14e arrondissements.
Sur l’estrade, on retrouve également Emmanuel Denis, maire de Tours ; Nila Radakichenin, adjointe au maire de Saint-Paul à La Réunion ; Juliette Chesnel-Le-Roux, cheffe de file à Nice ; Marie Vitoux, cheffe de file à Nantes ; Mohamed Gnabaly, maire de l’Île-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, depuis 2016 ; et Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg depuis 2020.
Rapidement, les discussions prennent des allures de bilan. Tour à tour, les élus expliquent comment ils et elles ont fait vivre la démocratie participative, rénové des équipements publics laissés à l’abandon par les municipalités précédentes et protégé les plus fragiles avec des politiques volontaristes en matière de logements sociaux et d’hébergement d’urgence.
À La Réunion, Nila Radakichenin raconte comment elle a fait entrer le vélo dans les habitudes d’un territoire qui ne jurait que par le tout-voiture. Les exemples concrets sont nombreux et font réagir un public attentif.
« Ne nous laissons pas imposer le récit du backlash écologique »
Au fil des interventions se dessine une bataille du récit sur la légitimité de l’écologie politique. « Ce n’est plus une exception. Cela fonctionne partout, du village de moins de 100 habitants à des métropoles comme celle de Lyon avec 1,4 million d’habitants, insiste Philippe Chibani-Jacquot. Il y a derrière nous tout un mandat qui permet de balayer les accusations d’écologie punitive. »
Aux éléments de langage de leurs opposants, les élus écologistes répondent en vantant leurs actions. « Dans un monde pourri de fake news, ce qui ne ment pas, ce sont les questions de la rue en bas de chez soi, dit David Belliard. Quand les gens constatent qu’il y a moins de bouchons dans leur ville, ils voient qu’on a travaillé. Le local, c’est le bon échelon pour montrer que l’écologie fonctionne. »
« Ne nous laissons pas imposer le récit du backlash [retour de bâton] écologiste, insiste de son côté Jeanne Barseghian. Arrêtons d’écouter les plateaux télé qui prétendent savoir ce que veulent les Français. Tous les jours, je rencontre des personnes qui ont envie de transformations écologiques et sociales. »
À la fin de la plénière, le public est un peu plus épars dans la salle. Mais les militants s’affichent convaincus. « C’est une stratégie cohérente et pragmatique, qui peut parler à beaucoup de gens, à tous les échelons du territoire », dit Marc, 60 ans, nouvel adhérent aux Écologistes venus de Grenoble pour assister aux JDE. Le militant se réjouit également que différentes communes aient été mises en avant lors de la plénière, là où l’on s’arrête souvent sur les grandes villes quand il est question d’écologie.
Pour gagner de nouvelles communes, Les Écologistes se sont donné les moyens de partager leurs récits. Dans son discours, dans la soirée du 21 août, Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti, a annoncé le lancement d’un « site ressource dédié à toutes celles et ceux qui s’engageront pour l’écologie aux élections municipales ». Qu’ils et elles soient adhérents ou sympathisants. Avec « un socle programmatique de 200 mesures » à adapter selon les territoires et « des réalisations emblématiques de l’action municipale de nos élus » pour les promouvoir.
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