Les Etats européens votent l’interdiction de pesticides dangereux

Durée de lecture : 3 minutes

30 avril 2013 / Greenpeace

Une majorité d’Etats européens ont décidé lundi d’interdire trois pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les insectes pollinisateurs. Il reste à la Commission européenne à officialiser cette décision.


Une majorité simple d’Etats membres européens a voté lundi 29 avril en faveur de la proposition de la Commission européenne d’interdire pendant deux ans trois pesticides ayant une responsabilité dans le déclin des abeilles. Après trois tentatives avortées d’obtenir la majorité qualifiée des Etats membres, la commission a désormais le droit de mettre en œuvre cette interdiction dès qu’elle le souhaite.

« Tout plaide en faveur de cette interdiction : le soutien politique exprimé par le vote d’aujourd’hui, les preuves scientifiques et la vaste mobilisation citoyenne, déclare Anaïs Fourest, chargée de campagne agriculture durable à Greenpeace. La commission doit désormais tirer la seule conclusion possible : interdire immédiatement l’usage de ces pesticides. Cette interdiction constituerait un premier pas dans la bonne direction pour protéger les insectes pollinisateurs et ainsi la production alimentaire en Europe. »

Les trois pesticides concernés appartiennent à la famille des néonicotinoïdes. L’interdiction s’appliquerait à quatre types de cultures : le maïs, le colza, le tournesol et le coton.

Greenpeace demande l’interdiction sur l’ensemble des cultures agricoles d’autres pesticides dangereux pour les pollinisateurs : le fipronil, le chlorpyriphos, le cyperméthrine et la deltaméthrine.

L’accumulation des preuves scientifiques

L’imidaclopride et la clothianidine, fabriquées par l’allemand Bayer, et le thiaméthoxame fabriqué par le suisse Syngenta sont donc sur le point d’être interdits. En début d’année, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a souligné le danger que représentent ces trois néonicotinoïdes pour les abeilles, ce qui a incité la commission européenne à proposer une interdiction partielle.

« Syngenta et Bayer sont dans le déni des preuves scientifiques, poursuit Anaïs Fourest. Ils occultent totalement le rôle que jouent leurs produits dans le déclin des abeilles et pèsent de tout leur poids pour empêcher leur interdiction. Ce comportement irresponsable met en péril l’un des meilleurs alliés naturels des agriculteurs. »

Le 9 avril dernier, Greenpeace a publié un rapport) analysant les études scientifiques parues récemment dans les revues de référence sur les facteurs menaçant les abeilles. Cette littérature scientifique est sans appel : l’usage de certains pesticides, et notamment des néonicotinoïdes, joue un rôle dévastateur dans le déclin des abeilles. Ces pesticides sont l’un des facteurs permettant d’expliquer ce phénomène au même titre que certains parasites et maladies, le dérèglement climatique et certaines pratiques de l’agriculture industrielle.

Un modèle agricole à révolutionner

Il y a urgence à changer de modèle agricole. L’actuel modèle européen conduit les agriculteurs à détruire ou contaminer les avantages précieux que leur offre la nature. Le cadre européen ne leur laisse guère le choix.

« L’Union européenne doit augmenter les crédits en faveur de la recherche, du développement et de l’application de pratiques agricoles écologiques afin que les agriculteurs de toute l’Europe puissent choisir un modèle pérenne, sain et viable économiquement. » conclut Anaïs Fourest.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Greenpeace

Photo : Groupe scolaire Maurice de Cocagne

Lire aussi : Il faut interdire les pesticides néonicotinoïdes

DOSSIER    Pesticides Europe

THEMATIQUE    Santé
21 septembre 2019
Le mouvement pour le climat mise gros sur la désobéissance civile
Enquête
25 juillet 2019
Éradiquer les punaises de lit, une véritable guerre des nerfs
Enquête
25 juillet 2019
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, les murs séparent, la nature relie
À découvrir


Dans les mêmes dossiers       Pesticides Europe



Sur les mêmes thèmes       Santé





Du même auteur       Greenpeace