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Les Français sont de plus en plus climatosceptiques selon l’Ademe

À la marche climat parisienne du 12 mars 2022.

Les français sont de plus en plus climatosceptiques, révèle le 25e baromètre des représentations sociales du changement climatique, publié par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en octobre 2024. Selon cette étude basée sur un échantillon de 1 505 personnes, près de 30 % des personnes interrogées considèrent que les désordres climatiques et leurs conséquences, à l’image des canicules, des tempêtes, des sécheresses, des inondations plus fréquentes et sévères, la fonte des glaciers, ou encore l’élévation du niveau des mers… sont des phénomènes naturels, comme il y en a toujours eu. Une augmentation de 7 points par rapport à 2023 et de 12 points depuis 2020.

Observons aussi que depuis le lancement du baromètre en 2000, environ un tiers des personnes interrogées restent sceptiques quant à l’implication de l’effet de serre dans le réchauffement climatique. « Cette stabilité interroge face au consensus scientifique croissant, notamment illustré par les rapports du Giec », soulève l’étude.

L’Ademe note aussi que la proportion de répondants affirmant avoir subi les effets du changement climatique diminue à mesure que le revenu du foyer augmente : de 58 % pour les foyers déclarant un revenu par unité de consommation (UC) inférieur à 1 000 €, à 42 % pour ceux dont le revenu dépasse 2 500 € par UC. Le climatoscepticisme est également bien plus présent chez les personnes de droite et d’extrême droite que chez celles se déclarant de gauche et d’extrême gauche.

Des Français de plus en plus exigeants vis-à-vis des pouvoirs publics

« Tout se passe comme s’il y avait une sorte de sidération vis à vis de l’ampleur des désordres climatiques et qu’on en oubliait la cause réelle. Mais il faut rappeler que la très large majorité est convaincue du changement climatique et des causes anthropiques », précise Anaïs Rocci, sociologue à l’Ademe.

Le baromètre montre aussi que les Français interrogés sont de plus en plus exigeants envers les pouvoirs publics pour limiter les conséquences du changement climatique. Par exemple, 7 personnes sondées sur 10 sont favorables à la taxation du transport aérien (+ 6 points par rapport à 2023 et + 27 points en 20 ans), 84 % d’entre eux jugent souhaitable d’ interdire la publicité pour les produits ayant un fort impact environnemental (+ 4 points par rapport à 2023), et 72 % seraient pour obliger les propriétaires à rénover et à isoler les logements (+ 3 points par rapport à 2023). Un constat qui nuance un peu le déni grandissant face à l’imminence du réchauffement climatique.

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