Sans les humains, certaines baleines du Nord pourraient vivre jusqu’à 150 ans
Une baleine franche australe (Eubalaena australis). - CC0
Une baleine franche australe (Eubalaena australis). - CC0
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Jusqu’à présent, on pensait que les baleines franches australes et les baleines noires de l’Atlantique Nord pouvaient, au maximum, vivre jusqu’à 70 ou 80 ans. Elles pourraient vivre en réalité deux fois plus longtemps ! C’est ce qu’avancent des chercheurs dans une étude publiée le 20 décembre dans la revue Science Advances.
Les chercheurs ont modélisé l’espérance de vie actuelle de ces espèces de baleines en reprenant des photos et données sur ces cétacés collectées entre 1979 et 2021. Ils en ont conclu que les baleines franches australes avaient, à l’heure actuelle, une espérance de vie moyenne de 73,4 ans, avec 10 % des individus qui avaient une chance de dépasser les 131,8 années d’existence.
Pour les baleines noires de l’Atlantique nord, une espèce très menacée, l’espérance de vie moyenne est estimée à seulement 22 ans, les 10 % d’individus les plus âgés dépassant les 47 ans.
Un tel écart n’est toutefois pas normal, écrivent les chercheurs, car les deux espèces sont biologiquement très proches. Les scientifiques estiment que la faible espérance de vie des baleines noires est causée par diverses pressions anthropiques et les conditions écologiques dégradées de leur environnement (conséquences des chasses massives à la baleines passées et des actuelles collisions mortelles avec des navires, entre autres). Théoriquement, disent-ils, ces baleines pourraient être capables de vivre au-delà de 100 ans, voire d’approcher les 150 ans, à l’instar de leurs cousines australes.
Le potentiel de longévité extrême pourrait être la norme, et non l’exception. Et ce, non seulement pour ces deux espèces mais aussi pour de nombreux autres cétacés, soulignent les chercheurs, ce qui peut avoir de lourdes implications sur la fragilité de ces populations et l’importance de les préserver sur le long terme.
« Pour des animaux pouvant vivre 100 ou 150 ans et n’ayant un bébé survivant qu’une fois tous les dix ans environ, il faut s’attendre à une lente récupération [des populations] », commente dans un communiqué Greg Breed, chercheur à l’université d’Alaska (États-Unis) et auteur principal de l’étude.