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La loi d’urgence agricole, « une nouvelle loi Duplomb », selon la ministre de la Transition écologique

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut lors des débats au Sénat, à Paris, le 29 juin 2026.

La version initiale du gouvernement était déjà une belle reculade pour l’environnement, au profit de l’agro-industrie. Les sénateurs ont adopté, le 2 juillet, une version de la loi d’urgence agricole poussant les curseurs encore plus loin.

Contre l’avis du gouvernement et de la majorité des députés, ils ont adopté la réintroduction de deux insecticides néonicotinoïdes, répondant aux noms d’acétamipride et de flupyradifurone. Cette mesure, déjà comprise dans la loi Duplomb, avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.

En pleine canicule et alors qu’une sécheresse intense touche la France, les sénateurs ont également joué la surenchère pour les mesures concernant l’eau. Telle une déclaration d’amour aux mégabassines, ils ont doublé l’objectif de stockage d’eau pour l’agriculture d’ici 2030 et tout fait pour affirmer la priorité de l’agriculture sur les autres usages de l’eau : citoyens, entreprises et... biodiversité.

Lire aussi : Canicule et loi agricole : « Les “assoiffeurs” profitent des crises pour renforcer leur mainmise sur l’eau »

Ils ont affaibli la protection des zones humides de diverses manières. Pourtant, ces sols éponges permettent de retenir l’eau naturellement, de réguler son cycle et de maintenir de la fraîcheur par exemple en cas de canicule.

Le champ des pollutions prises en compte pour déclarer qu’un captage d’eau doit être protégé a aussi été réduit : les pesticides désormais interdits ne seront pas pris en compte. Le sénateur écologiste Daniel Salmon a indiqué que la moitié des captages d’eau potable aujourd’hui prioritaires pourraient sortir de ce classement.

Le texte remanié « met gravement en péril la démocratie de l’eau »

Les mesures permettant de faciliter le tir des loups et la « régulation » de la population, déjà durcies par les députés et en commission au Sénat, ont été confirmées.

« Je ne reconnais plus le texte du gouvernement. Il a été profondément remanié au point de devenir une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale », a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Pour que le texte puisse être approuvé, un compromis doit désormais être trouvé entre sénateurs et députés. Cela se passera en commission mixte paritaire à la mi-juillet, où les débats promettent d’être houleux.

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