Les banques françaises financent encore massivement les énergies fossiles
En 2023, JPMorgan Chase a attribué 40,8 milliards de dollars aux industriels fossiles. - Precious Madubuike / Unsplash
En 2023, JPMorgan Chase a attribué 40,8 milliards de dollars aux industriels fossiles. - Precious Madubuike / Unsplash
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6 896 milliards de dollars. C’est la somme colossale qu’ont consacré les soixante plus grandes banques mondiales aux énergies fossiles depuis l’adoption de l’accord de Paris sur le climat, fin 2015. Au mépris de l’urgence climatique.
C’est ce que révèle le rapport Banking on Climate Chaos publié ce lundi 13 mai et écrit par huit organisations dont Reclaim Finance, avec le soutien des Amis de la Terre France.
705 milliards de dollars en 2023
Rien qu’en 2023, année la plus chaude jamais enregistrée, les plus grandes institutions bancaires de la planète ont injecté 705 milliards de dollars dans les énergies fossiles, dévoile l’étude.
La firme américaine JPMorgan Chase se trouve au premier rang des banques les plus sales du monde, (40,8 milliards de dollars attribués en 2023 aux industriels fossiles). Le groupe japonais Mizuho se classe en deuxième position, tandis que Bank of America occupe la troisième place.
Les banques françaises aussi
Les institutions bancaires françaises ne sont pas en reste. Alors qu’elles se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 suivant une trajectoire 1,5 °C en rejoignant la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) en 2021, elles ont accordé entre 2021 et 2023 67 milliards de dollars à l’expansion des énergies fossiles. BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale et la Banque Populaire Caisse d’Épargne sont les principales concernées.
La France est le 2ᵉ plus gros pays à soutenir les entreprises TotalEnergies, Eni et Saudi Aramco en dépit de leur politique d’expansion des énergies fossiles.
« Que les banques puissent encore financer de nouveaux champs ou terminaux de gaz naturel liquéfié est aussi catastrophique pour le climat que révélateur de l’insuffisance de leurs politiques sectorielles, affirme Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance. Les banques doivent de toute urgence cesser de financer l’expansion pétrogazière et privilégier des financements aux énergies soutenables pour la production d’électricité. »