Macron veut intégrer l’arme nucléaire dans la stratégie de défense européenne
La France est le seul État membre de l'UE à disposer de l’arme atomique. - Pxhere/CC0
La France est le seul État membre de l'UE à disposer de l’arme atomique. - Pxhere/CC0
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Emmanuel Macron veut un débat sur la place de l’arme nucléaire dans la défense européenne. Dans une interview accordée au groupe de presse quotidienne régionale Ebra le 27 avril, le président de la République affirme être favorable « pour ouvrir ce débat qui doit donc inclure la défense antimissile, les tirs d’armes de longue portée, l’arme nucléaire pour ceux qui l’ont ou qui disposent sur leur sol de l’arme nucléaire américaine ». « Mettons tout sur la table et regardons ce qui nous protège véritablement de manière crédible », plaide-t-il.
Cette prise de position n’est pas une surprise. Emmanuel Macron s’était déjà exprimé sur la question en 2020, lors de son discours sur la stratégie de défense et de dissuasion. « Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective », avait-il alors indiqué.
Quatre ans plus tard, cette question est d’autant plus d’actualité que la Russie devient de plus en plus menaçante depuis le début de la guerre en Ukraine. Et le bouclier nucléaire américain de l’Otan, qui protège actuellement plusieurs pays de l’Union européenne, risque de s’affaiblir si Donald Trump était élu président de la République en novembre prochain. Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France est le seul État membre à disposer de l’arme atomique.
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Ces propos ont provoqué l’ire des oppositions de tous bords : Les Républicains (LR), le Rassemblement national (RN), mais aussi La France insoumise (LFI). Le député LFI Bastien Lachaud a ainsi jugé sur X qu’Emmanuel Macron avait porté « un nouveau coup à la crédibilité de la dissuasion nucléaire française » qui « ne se partage pas ». Les Écologistes ont toutefois porté une voix dissonante, puisque la tête de liste aux européennes Marie Toussaint, qui plaide pour un « saut fédéral européen », a considéré que cela impliquait « le partage de cette force qu’est l’arme française, donc le nucléaire aussi ».