Mais non, Monsieur Macron, le car n’est pas moins cher que le train

Durée de lecture : 3 minutes

20 octobre 2014 / FNAUT



Le ministre de l’Economie veut promouvoir le transport privé par autocar. En manipulant grossièrement les chiffres de comparaison avec le train.


Selon Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, le car coûte « de 8 à 10 fois moins cher que le train » : cette affirmation est très éloignée de la réalité.

Il est certain que le train est aujourd’hui trop cher pour une partie de la population française, ce qui explique le succès de l’autocar (Eurolines, iDBus) et du covoiturage pour les déplacements à moyenne et longue distance.

La FNAUT a d’ailleurs souvent dénoncé le niveau excessif des tarifs du TGV pour les voyageurs obligés d’acheter leur billet en dernière minute.

Deux expertises réalisées récemment à l’initiative de la FNAUT montrent que la différence de prix entre le train et l’autocar est très nettement inférieure à celle qui est avancée par le Ministre.

L’erreur manifeste du Ministre est regrettable car elle accrédite l’idée, répandue mais fausse, que le train est toujours cher, donc fait pour les riches, et que l’autocar est le transport des « pauvres ».

Des tarifs mieux adaptés aux jeunes et aux familles modestes

A juste titre, le ministre de l’Economie souhaite que les tarifs des transports interurbains soient plus accessibles aux voyageurs les plus modestes.

La FNAUT demande donc au Ministre de ramener à 5 %, au titre des services de première nécessité, le taux de TVA sur les transports publics récemment porté de 7 % à 10 %.


ANNEXE

Dans le cadre d’une expertise sur le covoiturage, suggérée par la FNAUT et financée par le GART et l’UTP, le cabinet ADETEC a étudié les prix proposés le 15 novembre 2013 par les transporteurs pour un trajet Paris-Lyon effectué au cours de la quinzaine suivante, et le 20 décembre 2013, début des congés de fin d’année.

- Le prix de l’autocar : Il était compris entre 19 € et 42 € (Eurolines) ou entre 29 € et 39 € (iDBus).

- Le prix du train : Le prix du TGV dépend fortement du jour et de l’heure de départ.
Les prix cités ci-dessous concernent la seconde classe.

Prix proposés le 15 novembre
- Sans carte de réduction, le tarif du TER était de 62 €. Le tarif minimum du TGV était compris entre 29 € et 51 € ; le tarif médian (1) entre 53 € et 92 € ; le tarif maximum entre 65 € et 92 €.
- Avec une carte Jeune, le tarif du TER était compris entre 31 € et 48 €. Le tarif minimum du TGV était compris entre 27 € et 36 €, le tarif médian entre 38 € et 67 € ; le tarif maximum était de 67 €.

Prix proposés le 20 décembre
- Sans carte de réduction, le tarif du TER était de 62 € ; le tarif minimum du TGV était compris entre 38 € et 92 €.
- Avec une carte Jeune, le tarif du TER était compris entre 31 € et 48 € ; le tarif minimum du TGV était compris entre 36 € et 67 €.

Une expertise du cabinet Beauvais-Consultants, également suggérée par la FNAUT et financée par le GART, l’UTP, la SNCF et plusieurs autocaristes, avait déjà montré que les prix moyens (2) de l’autocar et du TER sont très voisins, de l’ordre de 7 centimes par km, le prix moyen du train Intercités étant de 9 centimes et celui du TGV de 10 centimes sur les relations intérieures.

(1) Le tarif médian est le tarif en dessous duquel se situent la moitié des tarifs proposés.
(2) Le prix moyen est obtenu en divisant les recettes commerciales (perçues par le transporteur) par le nombre de kilomètres parcourus par les voyageurs.





Source : FNAUT

Photo : Railbus au Sri-Lanka (Wikipedia).

Lire aussi : La réforme ferroviaire est-elle écologique ?

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