Maquereaux : l’UE revoit les quotas à la hausse, au risque d’un effondrement de l’espèce
Chaque année depuis 2010, les prises européennes de maquereau excèdent de près de 40 % les recommandations scientifiques. - Pxhere / Creative Commons by CC0
Chaque année depuis 2010, les prises européennes de maquereau excèdent de près de 40 % les recommandations scientifiques. - Pxhere / Creative Commons by CC0
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Les Vingt-sept poussent le maquereau sur la voie de l’extinction. Lundi 30 mars, les ministres de la pêche de l’Union européenne se sont accordés sur des quotas insuffisamment restrictifs pour éviter l’effondrement des populations de ce petit poisson, parmi les plus consommés de France.
Chaque année depuis 2010, les prises européennes de maquereau excèdent de près de 40 % les recommandations scientifiques. L’espèce se trouve au bord du précipice. Dans l’Hexagone, elle est classée « effondrée » par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).
Sans une réduction générale d’au moins 70 % des prises en 2026, les populations de maquereaux de l’Atlantique Nord-Est risquent de ne pas se reconstituer, avertissaient les experts du Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem) dans un avis scientifique publié en septembre.
En décembre, les dirigeants européens avaient accepté d’aligner leurs quotas sur ces recommandations. Lundi, ils ont finalement opté pour une baisse de seulement 48 % des quotas. Ils s’alignent en cela sur le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et les îles Féroé, qui ne font pas partie de l’Union européenne et ont signé en décembre un accord unilatéral, dans lequel ils projetaient, au mépris des avis scientifiques, de réduire leurs prises de seulement 48 % — soit à 299 000 tonnes.
Des répercussions dramatiques sur l’écosystème
À l’époque, l’Union européenne estimait que cette exploitation « excessive » causerait « des dommages irréversibles » aux populations de maquereaux. « On se comporte exactement comme ceux qu’on critiquait », déplore Laetitia Bisiaux, responsable de campagne au sein de l’association de défense des océans Bloom.
La France, représentée par la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud, ne s’est pas opposée à cette révision à la hausse des quotas. « On est écœurés », poursuit Laetitia Bisiaux. La nomination de Catherine Chabaud au ministère de la Mer et de la Pêche, en octobre, avait suscité beaucoup d’espoir du côté des ONG, l’ex-navigatrice ayant défendu la petite pêche et l’océan lorsqu’elle était députée européenne, de 2019 à 2024. « Mais les mesures qu’elle défend aujourd’hui ne valent pas mieux que celles de ses prédécesseurs », selon Laetitia Bisiaux.
Catherine Chabaud a dit espérer que l’Union européenne et ses voisins se « remettent autour de la table pour négocier un accord multilatéral ». L’effondrement du maquereau pourrait avoir des répercussions dramatiques sur l’écosystème et les pêcheurs qui en dépendent.