Nos littoraux largement contaminés par les substances chimiques
Les herbicides comptent parmi les substances les plus détectées. Ici, une plage du Finistère. - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Philippe Riquet
Les herbicides comptent parmi les substances les plus détectées. Ici, une plage du Finistère. - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Philippe Riquet
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Les littoraux français sont largement contaminés par les substances chimiques, révèle le rapport Emergent’Sea, publié le 15 octobre par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et le laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux, auquel Le Monde a eu accès.
Entre 2021 et 2024, les scientifiques ont recherché une centaine de contaminants dans l’eau de mer et les mollusques français. Une trentaine de sites a été passé au peigne fin, à la recherche de pesticides, de substances pharmaceutiques et de produits antifouling (qui sont appliqués sur les coques des bateaux afin d’y limiter la prolifération d’algues et de coquillages).
Résultats : en moyenne, quinze substances par site étudié ont été identifiées. Sept médicaments ont été retrouvés, en particulier le paracétamol, la carbamazépine (utilisée notamment comme antiépileptique) et un anxiolytique, l’oxazépam, détaille Le Monde. Les herbicides comptent parmi les substances les plus détectées.
Comme l’expliquait récemment Reporterre, les pesticides sont omniprésents dans l’océan, certains pouvant perdurer des dizaines — voire des centaines — d’années. Des travaux ont notamment mis en lumière la présence, sur les côtes européennes, de produits de dégradation de l’atrazine et de la simazine, pourtant interdits dans l’Union depuis le début des années 2000. Des métabolites du DDT (un insecticide interdit en France dans les années 1970 en raison de sa grande toxicité) ont également été détectés en 2021 dans des soles et des flets des baies de Somme et de la Seine.
Leurs effets sur les organismes marins sont encore sous-étudiés. Les quelques études déjà publiées ont cependant de quoi alarmer. Huîtres, étoiles de mer, coraux… Il a été montré que l’exposition de plusieurs espèces aux pesticides, même à de faibles doses, pouvait entraîner malformations et surmortalité.