PFAS : même des investissements massifs ne permettraient pas de s’en débarrasser
Les PFAS sont largement disséminés dans l’eau. - Pxhere/CC/Olga Lioncat
Les PFAS sont largement disséminés dans l’eau. - Pxhere/CC/Olga Lioncat
Durée de lecture : 2 minutes
Les polluants éternels portent décidément bien leur nom : même des investissements considérables ne permettent pas réellement de s’en débarrasser. Selon une étude publiée le 6 juillet par la revue Environmental Science : Processes & Impacts, les procédés de traitement destinés à éliminer les PFAS ne permettraient que de traiter « moins de 2 % des émissions actuelles » en Europe.
Ce travail réalisé par des scientifiques et des journalistes du Forever Pollution Project et coordonné par le journal Le Monde se base sur une liste de plus de 12 000 sites présumés contaminés ainsi que sur des bases de données européennes pour l’eau potable, les eaux usées, les boues d’épuration épandues sur les terres agricoles et les décharges.
En 2025, ces mêmes journalistes et chercheurs avaient estimé le coût de la dépollution des PFAS en Europe à 100 milliards d’euros par an. Mais de tels investissements restent insuffisants face à l’ampleur de la contamination. Ce, en raison de la nature même des PFAS, des substances indestructibles sans intervention humaine et très mobiles dans l’environnement.
Face à ce constat, la seule solution est de réduire au maximum les PFAS à la source, disent les auteurs de l’étude. Ils appellent ainsi à une réglementation plus ambitieuse, comme le projet européen dit de « restriction universelle », qui cible l’ensemble de la famille des PFAS, soit plus de 10 000 substances. Ils préconisent aussi la poursuite des recherches d’alternatives aux PFAS et l’application du principe « pollueur-payeur », afin que les coûts de dépollution soient supportés par les industriels plutôt que par la collectivité.