Eaux de baignade : tous les sites testés en France sont positifs aux PFAS
Entre juin et juillet 2025, 80 bénévoles de l’ONG ont réalisé des prélèvements sur 107 sites de baignade (80 plages littorales et 27 lacs et rivières). - Flickr / CC-BY-SA 2.0 / Jean-François Renaud
Entre juin et juillet 2025, 80 bénévoles de l’ONG ont réalisé des prélèvements sur 107 sites de baignade (80 plages littorales et 27 lacs et rivières). - Flickr / CC-BY-SA 2.0 / Jean-François Renaud
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Les PFAS sont partout, même dans nos eaux de baignade. C’est ce que révèle une étude inédite, publiée le 3 juillet par l’association Surfrider Foundation Europe avec le laboratoire Eurofins.
Entre juin et juillet 2025, 80 bénévoles de l’ONG ont réalisé des prélèvements sur 107 sites de baignade (80 plages littorales et 27 lacs et rivières). Lesdits sites ont été sélectionnés en croisant plusieurs paramètres : les informations issues de données existantes concernant les PFAS dans les eaux superficielles, la présence sur le territoire de groupes locaux bénévoles de Surfrider, ainsi que les zones à forts enjeux récréatifs et de baignade. 23 PFAS différents ont été identifiés. Tous les échantillons contenaient au moins un d’entre eux. Au seul lac de Bordeaux, en Gironde, 19 en ont été retrouvés.
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L’acide trifluoroacétique (TFA) classé « toxique pour la reproduction suspecté » par l’Agence européenne des produits chimiques, est particulièrement présent : il a été retrouvé dans tous les échantillons, à une teneur moyenne de 1 728 nanogrammes par litre (ng/l) pour les sites en eau douce et 356,5 ng/l pour les sites marins. Cette molécule est principalement issue de la dégradation des gaz réfrigérants fluorés et de certains pesticides.
Derrière le TFA, on retrouve sur le podium le PFOA (retrouvé dans 92,6 % des sites d’eau douce étudiés, et 71 % des sites côtiers) et le PFOS (identifié dans 92,6 % des sites d’eau douce et 61,7 % des sites côtiers). Tous deux sont classées « cancérogène pour les humains » et « cancérogène possible » par le Centre international de recherche sur le cancer.
Réformer la réglementation des eaux de baignade
À l’heure actuelle, aucun PFAS n’est pris en compte par la réglementation européenne sur la qualité des eaux de baignade, focalisée sur la présence des bactéries E.coli et autres entérocoques intestinaux. Aux Pays-Bas, un seuil sanitaire a été fixé pour les PFAS, à 280 ng/l.
Un site français — la base nautique et de loisirs de Bédanne, au sud de Rouen —, le dépasse allègrement, avec un échantillon mesuré à 450 ng/l. Face à ces résultats, Surfrider appelle à « passer à l’action », en réformant la réglementation des eaux de baignade afin que les substances chimiques toxiques soient prises en compte, et davantage surveillées.