Notre-Dame-des-Landes : fin du procès, décision au 25 janvier

13 janvier 2016



L’audience est levée. La décision sera rendue le 25 janvier à 14 h 30. Plus de mille personnes se sont rassemblées pour soutenir les paysans menacés.

- LIRE ICI LA RELATION DETAILLEE DU PROCES


- 15 h 30 : Plusieurs prises de parole ont eu lieu à la sortie du tribunal. Les avocats Erwan Le Moigne et Étienne Boittin ont expliqué les arguments qu’ils ont invoqué pour recourir à une Question prioritaire de constitutionnalité : atteinte au droit au logement, au droit au travail, droit au procès équitable et égalité de traitement devant la justice.

Julien Durand a remercié la présence du public en particulier « tous ceux de la ZAD qui sont venus et nous ont aidé à trouver des solutions ».

La foule se dissout progressivement, dans le calme. Décision a été prise par l’Acipa de diffuser le manifeste Notre-Dame-des-Landes : nous accusons ! à 50.000 exemplaires dans les prochains jours. Il s’agit de contourner le silence sur ce texte important dans les médias, à l’exception de Reporterre, et de toucher un vaste public. « Un grand journal local nous a dit qu’il n’y avait aucune information nouvelle dans ce document et que c’est pour cela qu’ils ne le publieront pas, même en partie », nous dit Christian Grisollet, un des co-présidents de l’Acipa.

- 14 h 30 : Fin de l’audience, tout le monde sort, délibéré au 25 janvier.

- 14 h 00 : L’attente est longue. Les paysans de Copain44 se sont réunis à part pour décider de quoi faire en réaction à la saisie lundi 11 janvier des trois tracteurs (dont les deux seuls tracteurs d’une ferme). Ces tracteurs ont été saisis au retour d’une action de blocage (lire ici). La solidarité s’organise, un paysan à la retraite a proposé son ancien véhicule. La décision à été prise de demander à inonder la préfecture et l’entreprise qui stocke les tracteurs de mels et d’appels téléphoniques. Depuis 1 heure, la cornemuse et des groupes de chanteurs tournent sur la plate-forme du camion de l’Acipa.

Un membre du mouvement d’occupation de la Zad : « Ici, c’est devenu un lieu de rendez-vous habituel mais aujourd’hui on est inhabituellement nombreux. »

- 13 h 45 : Dominique Badier, ancien métallo des chantiers navals, vient de prendre la parole pour rappeler le sort des ouvriers de Goodyear : « On a condamné des gens à 9 mois de prison ferme parce qu’il ont osé se révolter. il faut se lever. »

- 13 h 15 - A l’intérieur, le débat se poursuit. L’audience a d’abord commencé par une bataille de procédure : AGO, représentant de l’Etat, donc pas personne privée ? L’urgence a-t-elle été démontrée dans ce dossier ? Puis, à 12 h 30, l’avocat de Vinci, alias AGO, a commencé à plaider. Il invoque la notion juridique de « bien-être économique de la région et du pays » pour légitimer le projet d’aéroport.

A l’extérieur du tribunal, on attend...

Cécile, 57 ans, habite dans le Sud Loire : « Je trouve aberrant d’expulser des gens, des familles, des paysans qui travaillent. Quand on bitume des terres arables, des terres qui ont mis des millions d’années à se créer, c’est fini, on ne les récupère jamais. »

- 12 h 10 - Nantes - Dans la salle d’audience, le juge annonce que la décision sera rendue le lundi 25 janvier à 14 h 30.

- 11 h 30 - Rueil-Malmaison - Interrogé par Reporterre, Francis Lemasson, secrétaire du syndicat CGT au siège de Vinci, nous indique que lors d’un comité de groupe début décembre 2015, le PDG de la multinationale, Xavier Huillard, a dit qu’il n’était pas certain que l’aéroport de NDDL se fasse.

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Xavier Huillard, PDG de Vinci

M. Lemasson s’est montré surpris qu’une manifestation ait lieu devant le siège de Vinci. Il soutient les opposants mais observe que NDDL est un sujet très peu évoqué au sein de l’entrprise parce que les salariés ne souhaitent pas tenir des propos qui remettent en cause le groupe. La CGT de Vinci n’a jamais pris officiellement position contre le projet d’aéroport.

- 11 h 20 - Nantes - Me Thomas Dubreuil, avocat de l’Acipa, a rappelé, avant le début de l’audience, que « les travaux ne peuvent pas légalement commencer au jour d’aujourd’hui », notamment en raison des nouvelles espèces protégées découvertes sur le site par les Naturalistes en lutte. Il a également souligné « l’alternative modérée » proposée par l’Atelier citoyen pour l’optimisation de Nantes-Atlantique. Selon un autre intervenant, le préfet aurait invité cette association à venir lui présenter ses travaux.

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Dominique Badier, ancien métallo, applaudit à l’arrivé des paysans menacés

- 11 h 00 - Nantes - Plus de mille personnes se trouvent devant le tribunal de grande instance. Divers élus s’y sont joints, comme Yannick Jadot (député européen EELV) ou Dominique Simonnet (conseillère Paris, PG). Dans le tribunal le procès a commencé. Dans la salle, le président du tribunal déclare : « Vous ne saurez pas en sortant de ce tribunal aujourd’hui quelle décision aura été prise »", rapporte Anne-Hélène Dorison, de Presse Océan.

- 10 h 00 - Nantes - Près de trois cents personnes sont rassemblées devant le tribunal, et du monde continue à arriver à flot continu. Sylvain Fresneau est arrivé.

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Sylvain Fresneau, un des paysans que Vinci veut chasser

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV est attendue. On voit des drapeaux de NPA, d’Ensemble et de la Confédération paysanne. Le dispositif policier est léger devant le tribunal, mais des CRS lourdement équipés sont en ville, et un camion canon à eau est disposé dans une rue longeant le tribunal, avec des gardes mobiles. Des tracteurs paysans sont aussi là.

- 09 h 30 - A Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), une trentaine d’opposants au projet d’aéroport se sont retrouvés devant le siège de la multinationale Vinci vers 09 h 00, à l’appel du Collectif NDDL-Ile-de-France. Ils ont disposé trois banderoles sur le chemin des salariés qui viennent de la station de RER Rueil-Malmaison. Les banderoles indiquent : « Stop expulsions Notre Dame des Landes », et « Vinci ne vaincra pas ». Les opposants distribuent des tracts aux salariés. Une quinzaine de CRS sont disposés devant les deux entrées du bâtiment. Interrogés par notre reporter, la plupart des salariés ont refusé de s’exprimer, disant qu’ils étaient pressés d’aller au travail. Deux employés de prestataires ont bien voulu répondre et ont indiqué qu’ils étaient plutôt favorables à l’arrêt de ce projet.

Adèle, de Jedi for Climate, s’est jointe au collectif de soutien à NDDL : « On s’adresse aux dirigeants et décisionnaires de Vinci. On veut montrer notre soutien aux paysans et habitants qui risquent l’expulsion. » Elle a expliqué que les manifestants resteraient au moins jusqu’au début du procès à 10 h 30 - 11 h, puis se réuniront dans la journée pour réfléchir à de nouvelles actions, en fonction de la décision du tribunal.

- 09 h 00 - Blocage ce matin au port de Brest.


- LES ACTIONS DE SAMEDIJANVIER SOIR A MARDI 12 : Lire ici

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Des banderoles ont été posées sur les ponts du périphérique. « Klaxonne si tu soutiens »

- LE BLOCAGE DU PERIPHERIQUE NANTAIS SAMEDIJANVIER - Lire ici.




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Source : Camille Martin pour Reporterre, avec Hervé Kempf, Marie Astier, Nicolas de La Casinière, Vladimir Slonska-Malvaud, Emilie Massemin.

Photos :
. Nantes : © Vladimir Slonska-Malvaud/Leska Presse/Reporterre
. banderole Vinci : © Marie Astier/Reporterre

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