Notre journaliste Gaspard d’Allens récompensé du prix Lire pour agir
Gaspard d'Allens en 2025, à Paris. - © Mathieu Génon / Reporterre
Gaspard d'Allens en 2025, à Paris. - © Mathieu Génon / Reporterre
Durée de lecture : 3 minutes
Notre journaliste Gaspard d’Allens a reçu le prix « Lire pour agir 2025 » pour son livre « Des forêts en bataille ». Un prix qui rappelle l’attention portée par Reporterre aux luttes actuelles qui entourent les forêts françaises.
Notre journaliste Gaspard d’Allens vient de remporter le prix littéraire « Lire pour agir » 2025 pour récompenser son travail sur les forêts et son dernier livre manifeste Des forêts en bataille paru aux éditions du Seuil. Ce prix décerné par la Maison de l’environnement de Lyon et 53 bibliothèques partenaires est issu d’un vote de plusieurs milliers de lecteurs et lectrices.
Ce prix est l’occasion de rappeler les raisons de notre engagement : écrire pour se mobiliser, écrire pour faire face, écrire pour lutter. Ne pas se placer au-dessus de la mêlée mais assumer un journalisme engagé au chevet du vivant et de toutes celles et ceux qui le défendent.
Depuis plusieurs années, Reporterre alerte sur l’industrialisation des forêts françaises et les menaces qui planent sur nos massifs avec le réchauffement climatique, l’appétit insatiable des grandes firmes, la multiplication des coupes rases.
« Ne désertons pas nos bois »
En 2019, déjà, Gaspard D’Allens publiait dans notre collection au Seuil le livre Main basse sur nos forêts qui dressait un panorama inédit des périls qui guettent la sylve française. Alors que nos regards étaient focalisés sur l’avenir des grands bassins forestiers de l’Amazonie et du Congo, il nous révélait les transformations insidieuses en cours juste à côté de chez nous, la mise au pas du vivant, l’extension du régime de plantation, la coupe réglée du service public forestier.
Avec Des forêts en bataille, notre journaliste poursuit son travail en y mêlant sensibilité, poésie et révolte. C’est une invitation à ne pas se laisser déposséder, à ne pas se couper de la force prodigieuse du vivant, à ne pas taire le mal que provoquent les ravages écologiques.
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« Ne désertons pas nos bois. Il en va autant de notre survie que de notre joie, écrit notre journaliste. Dans la forêt, tapie sous les feuillages, à même l’humus, c’est ici, dans cette vitalité incandescente et tranquille, dans ce bruissement d’insectes et d’animaux, que l’on se rappelle l’évidence de pourquoi nous luttons. Les acrobaties de la sittelle, le vol léger des mésanges, la majesté du grand chêne. Loin des grands discours, ils disent tout. L’écologie ne doit pas s’assécher ni oublier la beauté. »
C’est une tâche, dans notre quotidien de journalistes, que nous essayons collectivement de relever. Ne pas oublier ce qui nous anime, la sève de notre combat, notre quête du sublime. Alors que l’époque nous plonge dans la sidération et la colère, nous cherchons à Reporterre à faire entendre d’autres voix buissonnantes, une langue de la terre, une langue de la forêt qui puisse faire face aux bulldozers et au béton. En mettant à l’honneur toutes celles et ceux qui luttent, toutes celles et ceux qui contemplent, prennent soin, réparent et guérissent.
Nous remercions vivement les organisatrices et organisateurs du prix. Ils et elles nous donnent l’énergie et l’envie de poursuivre et de bâtir avec vous un journalisme prêt à affronter l’adversité qui vient. Un journalisme qui, sans lâcher la lucidité, s’attelle à construire d’autres mondes, plus débordants, à l’écoute des éléments et ancrés dans la Terre. Merci !
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Des forêts en bataille, de Gaspard d’Allens, aux éditions Seuil, avril 2024, 72 p., 4,9 euros. |