Reporterre reçoit le prix du journalisme environnemental
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Notre journaliste Hortense Chauvin a reçu le prix 2025 du journalisme environnemental. Il récompense son travail rigoureux sur la Seine et témoigne de l’engagement de Reporterre à enquêter sur les destructions qui menacent.
La rédaction de Reporterre croule sous les trophées ! Après le prix du journalisme scientifique décerné à Vincent Lucchese en mai, c’est au tour de notre journaliste Hortense Chauvin de voir la qualité de son travail récompensée, cette fois par le prix du journalisme environnemental. Décerné par l’association des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) et par l’Université Paris Dauphine, ce prix récompense l’article Élargir la Seine, ou la mise à mort d’une cathédrale du vivant, publié sur Reporterre le 13 septembre 2024.
Cette enquête porte sur le projet de mise à grand gabarit de la Seine porté par Voies navigables de France. Ce chantier à 350 millions d’euros (financé en partie par l’Union européenne et l’État) consisterait à élargir l’une des dernières portions naturelles de la Seine, en Seine-et-Marne, pour y laisser passer des péniches de transport de marchandises de plus grosse taille. Il pourrait détruire l’une des plus importantes zones humides du pays.
Cet article témoigne de l’engagement constant de Reporterre à documenter les grands projets menés au nom de « la compétitivité et de l’activité » et leurs conséquences funestes pour l’environnement. De l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à l’autoroute A69 en passant par la LGV Lyon-Turin et le canal Seine-Nord Europe, Reporterre révèle, enquête, documente et alerte sur les destructions qui menacent, au nom d’un modèle de développement suranné et aveugle aux enjeux écologiques.
À la hauteur de l’urgence
Cet article, salué pour sa rigueur et son écriture sensible, illustre également l’engagement de Reporterre à donner chair à ce à quoi nous tenons : la richesse du monde vivant. Ainsi, ce ne sont pas de simples libellules, oiseaux et papillons qui virevoltent sous la plume de Hortense Chauvin, mais des fauvettes grisettes, des hypolaïs polyglottes, des cuivrés des marais et des mésanges boréales.
De fait, il n’est pas rare de croiser des naturalistes dans nos publications : ils y décrivent par le menu la beauté et la singularité de ce que l’on peut perdre à vouloir coûte que coûte couler du béton sur des zones humides, creuser la montagne, « rectifier » les méandres des fleuves en s’accrochant obstinément à des logiques purement économiques.
« C’est un peu comme si l’on parlait d’aménager des entrepôts Amazon dans la grotte de Lascaux », déplore dans l’article un membre de l’administration. « C’est la pierre philosophale inversée. On a de l’or, et on veut le transformer en plomb », dit un ornithologue. Hortense Chauvin, elle, parle d’une « cathédrale du vivant » qui pourrait se transformer en « autoroute fluviale, rectiligne et fade ».
Les métaphores semblent ne jamais suffire à dire la brutalité de ces chantiers titanesques. Mais c’est avant tout un travail précis, rigoureux et factuel qu’a mené notre journaliste pour cerner au mieux l’ampleur et les effets délétères de ce projet. C’est cette exigence et cette déontologie, celle d’un journalisme « à la hauteur de l’urgence écologique », qui ont été récompensées par les pairs. C’est aussi et surtout un article qui n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien sans cesse renouvelé des lectrices et lecteurs qui, par leurs dons, permettent l’existence de notre rédaction.
À l’occasion de cette remise de prix, une mention spéciale a également été remise à Hugo Coignard, contributeur régulier de Reporterre, remarqué pour son travail sur les PFAS publié chez notre partenaire Mediacités. Bravo à lui !