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En brefNucléaire

Des associations vont en justice pour contester le démarrage de l’EPR de Flamanville

Des travailleurs devant un bâtiment du réacteur nucléaire EPR de troisième génération de Flamanville, en Normandie, le 14 juin 2022.

Plusieurs associations ont déposé un recours le 8 juillet auprès du Conseil d’État pour demander l’annulation de l’autorisation de mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), la jugeant « trop précipitée ». Pour un réacteur dont le chantier a accumulé plus de douze années de retard, voilà un paradoxe singulier.

Pour ce recours, les associations Greepeace, Sortir du nucléaire, Global chance, Robin des Bois, la Criirad et le Crilan, se sont appuyées sur des arguments strictement juridiques. D’une part, la mise en service du réacteur aurait dû intervenir avant le 10 avril — d’après le décret d’autorisation de création — et non le 7 mai comme ça a été le cas. D’autre part, le délai d’instruction de la demande de mise en service — d’une durée d’un à deux ans — n’a pas été respecté. En effet, le dossier a été déposé en 2021 et l’ASN devait se prononcer avant le 7 mai 2023. En réalité, l’instance s’est octroyée un délai supplémentaire d’un an pour examiner en profondeur le dossier.

« Il y a une forme de précipitation »

« Sur le fond, plusieurs éléments nous font penser qu’il y a une forme de précipitation, estime Bruno Chareyron, conseiller scientifique à la Criirad (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité). Le réacteur est autorisé à démarrer alors qu’il y a plusieurs problèmes irrésolus : ceux de la conception hydraulique du cœur qui provoquent des vibrations comme celles notifiées dans l’EPR chinois de Taishan-1 ou le cas du couvercle non conforme. »

Par ailleurs, en mai, sur le site de Flamanville, une injection inattendue d’eau borée dans le circuit primaire a été notifiée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « Il n’y a pas de conséquence concrète aujourd’hui mais c’est tout de même un incident classé 1 sur l’échelle Ines et qui souligne une certaine absence de maîtrise de ce qui se passe. »

Parallèlement, le 23 juillet, les associations ont déposé plainte auprès des parquets de Cherbourg et de Paris pour accéder aux éléments de l’enquête en cours sur les cas de falsifications, fraudes ou irrégularités relevées par l’ASN en 2023.

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