Nuit debout : elles et ils parlent

5 avril 2016



Depuis jeudi 31 mars, des citoyennes et des citoyens se retrouvent nuit et jour place de la République à Paris. Au gré des commissions, de la cantine autogérée et des assemblées générales, ils expérimentent, ensemble, une nouvelle manière de faire de la politique. Ecoutons ce que certaines et certains pensent et disent.

Killian, 20 ans, travaille dans le cinéma

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Killian : « Les gens ici ont tous le sourire »

« Il était important pour moi de manifester contre cette loi et contre tout ce qui va à côté : les violences policières, le gouvernement Valls... Avant cela, ma dernière manifestation, c’était contre la fermeture d’une école primaire dans un quartier défavorisé de Marseille.

A la base, j’étais seulement venu pour la première manifestation et protester, mais quand HK et les Saltimbanks ont lancé l’appel à rester beaucoup plus longtemps, je me suis dit pourquoi pas. Le lendemain, j’aidais en cuisine. »


Aurore, 25 ans, porteuse du projet EscapaDemos

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Aurore : « La transition écologique nécessite une transition démocratique »

« J’espère que quelque chose pourra émerger de ce mouvement. Certains disent qu’un Podemos à la française est en train de se réveiller. Je trouverais chouette qu’une expression citoyenne forte et durable émerge. 

J’ai monté EscapaDemos avec trois amies. Il s’agit d’un projet d’exploration d’initiatives de renouveau démocratique. Nous visons à lancer un mouvement de sensibilisation et de mobilisation des jeunes âgés de 15 à 30 ans. »


Marie, 27 ans, travaille dans l’édition

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Marie : « Ce qui m’intéresse, c’est l’expérience politique qu’on vit tous ensemble »

« Je suis là parce que cela fait longtemps que j’attends un mouvement de ce type. J’ai eu une action politique dans un parti par le passé, je l’ai quitté, et à l’heure actuelle je ne me sens plus du tout représentée par aucun parti politique.

Cela me pousse à chercher une autre façon de faire de la politique, plus horizontale notamment, avec des débats réellement démocratiques, des rencontres de gens très différents qui puissent échanger, prendre des décisions ensemble. Mais également, signifier mon énervement par rapport à ce qui se passe sur le plan politique. »


Jacques, 63 ans, retraité, ancien ingénieur. A milité à la CGT pendant 42 ans

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Jacques : « Pourquoi, nous, le peuple, on ne ferait pas une nouvelle Constitution ? »

« J’ai trouvé intéressant un petit panneau invitant à la réflexion pour une assemblée constituante. Pourquoi nous, le peuple, ne ferions-nous pas une nouvelle Constitution, comme les Islandais ont rédigé leur propre Constitution, d’après le film Demain 

Nous n’aurions plus cette espèce de mascarade du second tour, avec une alternative entre deux personnes alors que l’on ne veut ni de l’une ni de l’autre. Je ne veux ni Hollande, ni Le Pen, ni Sarkozy, ni aucun des succédanés qui pourront se présenter. Si ce mouvement peut grandir, déborder et apporter des solutions, c’est extrêmement important. »


Rémy, 23 ans, étudiant en sociologie

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Rémy : « Il faut que ça continue, que ça draine plus de monde »

« Je suis passé pendant la première Nuit debout, après la manifestation du 31 mars. Je suis revenu le samedi soir : le rassemblement continuait, plus organisé, avait rameuté plus de monde, à débattre de choses très intéressantes comme la réécriture d’une Constitution, l’organisation du mouvement, le type d’actions à mener...

J’étais à Paris en 2011, j’avais assisté au mouvement des Indignés et j’étais très sensible à ce genre de mouvement, justement, qui essayait de transcender les clivages gauche-droite et réintégrait le citoyen dans l’espace public. »


Lisa, comédienne

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Lisa : « Pour changer les choses, il faut que tout le monde s’y mette »

Ancienne Parisienne, Lisa profite d’un instant entre plusieurs rendez-vous pour prendre la température du mouvement. Encore sceptique sur l’avenir du mouvement, elle espère que ce rassemblement débouchera sur une prise de conscience plus générale.


Déborah, 64 ans, retraitée, ancienne assistante sociale. A milité pendant 20 ans à Force ouvrière (FO), puis au sein de la CGT

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Deborah : « C’est la jeunesse qui souffre le plus »

« Je participe au mouvement contre la loi El Khomri qui remet en cause le code du travail. Je suis aussi insatisfaite par l’état d’urgence.

Je suis syndicaliste, militante, j’ai des opinions politiques. Depuis que j’ai conscience du monde, je sais que les patrons exploitent la classe ouvrière. J’ai toujours milité pour changer cela. »


Peter, retraité ingénieur

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Peter : « Il faut avoir la gnak, pour l’avenir »

Il est venu jeter un œil à cette mobilisation qu’il ne comprend pas. Pour lui, les militants ne sont pas assez dynamiques face à la crise actuelle et manquent de motivation.


Omid, étudiant

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Omid : « Je suis là pour libérer la place de la République »

Étudiant parisien venu d’Iran, Omid entend « reprendre la place de la République ». Un symbole fort qui, il espère, fera écho dans son pays d’origine. Son nom veut dire « espoir », en iranien.




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Lire aussi : La Nuit debout : de plus en plus de monde pour inventer la démocratie

Source : Propos recueillis par Isaline Bernard et Émilie Massemin pour Reporterre

Photos : © Reporterre



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