PFAS : la justice saisie contre l’extension de l’usine Daikin
Le 31 mai, les associations Notre affaire à tous et Bien vivre à Pierre-Bénite ainsi que le collectif PFAS contre terre ont déposé un recours contentieux contre un arrêté préfectoral datant du 1er février 2024. - Pexels
Le 31 mai, les associations Notre affaire à tous et Bien vivre à Pierre-Bénite ainsi que le collectif PFAS contre terre ont déposé un recours contentieux contre un arrêté préfectoral datant du 1er février 2024. - Pexels
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« Il est incompréhensible qu’au moment où la société demande l’interdiction des PFAS, Daikin en augmente ses rejets dans l’air. » Le 31 mai, les associations Notre affaire à tous et Bien vivre à Pierre-Bénite ainsi que le collectif PFAS contre terre ont déposé un recours contentieux contre un arrêté préfectoral datant du 1er février 2024.
Celui-ci autorise l’entreprise Daikin Chemical France à étendre son activité sur le site d’Oullins-Pierre-Bénite (Rhône). Cette unité de production et de stockage émet pourtant des PFAS, aussi appelés « polluants éternels ». Ces substances per- et polyfluoroalkylées, qui sont présentes dans de nombreux objets et produits du quotidien, sont dangereuses pour la santé : celles-ci peuvent entraîner des perturbations hormonales, des troubles de la fertilité ou encore des dérèglements du système immunitaire.
Voilà pourquoi le Sénat a adopté, le 30 mai dernier, une proposition de loi écologiste visant à restreindre la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS.
Une décision « irresponsable »
« Il est irresponsable de laisser cet industriel producteur de PFAS augmenter sa production alors qu’il se situe dans la zone la plus contaminée de France par les “polluants éternels” », écrivent les trois organisations dans un communiqué commun publié le 3 juin. Le site est en effet largement touché par les PFAS, comme l’avait révélé en juin 2023 France 3 Rhône-Alpes. Le maire d’Oullins-Pierre-Bénite, Jérôme Moroge, a également réclamé la suppression de cet arrêté préfectoral.
Et si l’arrêté préfectoral demande à l’industriel de « proposer un plan de substitution » des PFAS dans un délai de trente-six mois, les associations déplorent que cette requête ne soit pas contraignante, Daikin pouvant, « à défaut », « démontrer l’impossibilité technico-économique de cette substitution ».
Notre affaire à tous, Bien vivre à Pierre-Bénite et PFAS contre terre — qui a lancé une pétition — exigent ainsi « la suspension immédiate » de l’arrêté préfectoral pour « défaut d’étude d’impact » et au nom du principe de précaution. Et demandent que « la France et l’Europe se dotent d’une réglementation plus exigeante pour protéger les citoyennes et donner la priorité à la santé environnementale ». Leur demande de suspension sera examinée par le tribunal administratif de Lyon le 17 juin prochain.