Pêche : Une étude économique montre qu’il n’est pas avantageux d’investir dans le renouvellement de la flotte

Durée de lecture : 3 minutes

14 octobre 2013 / NEF (New Economics Foundation)

Les députés européens doivent voter le 23 octobre sur un nouveau régime d’aides à la pêche. Une étude économique montre qu’il serait plus avantageux d’investir dans un bon système de contrôle que dans le renouvellement de la flotte.


Le 23 octobre, le Parlement européen se prononcera sur un nouveau régime à la pêche au travers du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Il est crucial que ce régime de subventions soutienne les avancées allant dans le sens d’une pêche durable grâce à la Politique Commune de la Pêche récemment adoptée.

Les députés ont le choix entre voter en faveur de subventions qui soutiendront la fin de la surpêche dans l’UE ou pour alimenter la surcapacité continue et les pratiques de pêche destructrices.

Les ONG appellent les députés à voter en faveur d’un soutien accru pour la collecte des données, de contrôle et d’exécution. Sans ce soutien, ces avancées pourraient rester lettre morte.

Une étude rédigée par Griffin Carpenter et Aniol Esteban, publiée ce jour par la NEW ECONOMICS FOUNDATION (NEF) révèle que pour chaque euro investi dans la collecte des données et les mesures de contrôle et d’exécution, le retour potentiel pourrait atteindre 10 euros. En triplant le montant du financement actuel de la collecte des données et des mesures de contrôle et d’exécution pour atteindre 302 millions d’euros, il serait possible de reconstituer les stocks de poissons en générant une valeur additionnelle à hauteur de 3,2 milliards d’euros.

Les enjeux :

Actuellement, les subventions à la pêche de l’UE soutiennent le secteur de la pêche avec 836 millions d’€ destinés à des mesures directement liées à la pêche. De ce total, 236 millions d’euros pourraient être destinés à la construction de nouveaux navires – mesure qui risque de nuire à une pêche durable en contribuant à la surcapacité. L’expérience montre que les plus grands bénéficiaires de l’aide de la construction de navires de l’UE sont généralement les plus grands navires de pêche actifs sur les océans du monde.

Le rapporteur français Alain Cadec (PPE), présentait en juillet un amendement sur le renouvellement de flotte pour les bateaux de « la petite pêche ». Toutefois, au vu de la très courte majorité (13/12) obtenue par cet amendement en commission pêche, la position française devrait être noyée sous le vote global du Parlement. M. Alain Cadec s’appuie sur la définition française de la petite pêche qui désigne un bateau de 25 mètres sur lequel est embarqué le détenteur d’au moins 51% du capital.

« Cette définition permettrait par exemple à un propriétaire d’un chalutier de 24 mètres d’obtenir des subventions pour mettre à la casse son chalutier et en contrepartie de le remplacer par deux, voire trois, unités de petite pêche côtière d’une dizaine de mètres pour opérer sur une bande côtière déjà saturée », déclare Stephan Beaucher, conseiller politique pour la plateforme Ocean 2012.

Les dépenses actuellement affectées à la collecte des données (51 millions d’euros) et aux mesures de contrôle et d’exécution (49 millions d’euros) s’élèvent à 100 millions par an. Tripler ce chiffre pour atteindre 302 millions représenterait un petit investissement compte tenu des gains supplémentaires en termes d’emplois et de nourriture. Pour chaque euro investi dans la collecte des données, le contrôle et l’exécution, le retour potentiel est de 10 euros. Sur ce point, il semble qu’il y ait en France un consensus entre socialistes et PPE français.

Le nouveau régime de subventions du FEAMP constitue une opportunité d’accroître considérablement le financement de la collecte des données et des mesures de contrôle et d’exécution. Le résultat du prochain vote sur le FEAMP au Parlement européen soutiendra soit la poursuite de la surpêche, soit des quotas appropriés, des captures durables et une gestion responsable de nos stocks de poissons.


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Source : Courriel à Reporterre de NEF

Photo : Aqua blog

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