Pêche au krill : des ONG déposent un recours contre la certification « durable »
Le petit crustacé est capturé pour confectionner des gélules anti-âge, des croquettes pour l’alimentation des poissons d’élevage et des animaux domestiques. - Wikimedia Commons / CC-BY-SA 1.0 / Sophie Webb/NOAA
Le petit crustacé est capturé pour confectionner des gélules anti-âge, des croquettes pour l’alimentation des poissons d’élevage et des animaux domestiques. - Wikimedia Commons / CC-BY-SA 1.0 / Sophie Webb/NOAA
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L’opposition monte contre la pêche au krill antarctique, ce petit crustacé capturé pour confectionner des gélules anti-âge, des croquettes pour l’alimentation des poissons d’élevage et des animaux domestiques.
La Coalition pour l’Antarctique et l’océan Austral (Asoc), un mouvement international d’ONG de protection de la nature, a annoncé avoir soumis, le 2 mars, une objection formelle au Marine Stewardship Council (MSC), qui avait décidé, en février, de recertifier pour cinq ans les activités d’Aker QRILL comme « durables ». Comme le racontait Reporterre dans une récente enquête, cette flotte de bateaux longs de 92 à 167 mètres de long, opérant dans l’océan Austral sous la houlette du géant norvégien Aker BioMarine, est responsable de 65 % des prises dans la région.
« Nous estimons que l’évaluation [du MSC] n’a pas pleinement analysé les réalités et les risques spécifiques d’une pêcherie qui opère dans l’un des écosystèmes les plus sensibles au climat de la planète », a déclaré dans un communiqué Claire Christian, directrice exécutive de l’Asoc. Plusieurs experts considèrent que la pêche au krill, si elle poursuit son expansion, pourrait porter un coup fatal à l’Antarctique, dernière région sauvage de la planète. Cette industrie tend en effet à se concentrer dans certaines zones cruciales pour l’alimentation des baleines à bosse, des baleines de Minke, des phoques crabiers, et autres habitants du continent blanc.
L’objection d’Asoc, à laquelle s’est jointe le WWF, ouvre une procédure indépendante d’arbitrage juridique. Si elle aboutit, au cours des prochains mois, elle pourrait conduire à une modification de la certification MSC de la pêche au krill, ou à l’imposition de nouvelles conditions pour mieux protéger cette population et l’écosystème.