Perrier, Vittel, Contrex : deux mois pour arrêter les filtrages illégaux
Nestlé Waters a deux mois pour retirer les filtres sur ses usines Vittel, Perrier, Contrex et Hépar, sans quoi elles perdront l'appellation « eau minérale naturelle ». - Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 / Aidan McMichael
Nestlé Waters a deux mois pour retirer les filtres sur ses usines Vittel, Perrier, Contrex et Hépar, sans quoi elles perdront l'appellation « eau minérale naturelle ». - Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 / Aidan McMichael
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La préfecture du Gard a ordonné le 7 mai à Nestlé Waters le retrait sous deux mois des filtres interdits sur son site de Vergèze, où est prélevée l’eau de Perrier. Cette décision fait suite à un précédent arrêté préfectoral pris dans les Vosges le 15 avril, imposant la même mesure pour les eaux de Vittel, Contrex et Hépar.
Depuis plus de quinze ans, Nestlé Waters, pour endiguer des contaminations de plus en plus fréquentes de ses eaux minérales aux pesticides et bactéries issues de matières fécales, utilisait illégalement des filtres de décontamination, comme l’ont révélé Le Monde et Radio France il y a un an. Les préfectures du Gard et des Vosges donnent désormais un sursis de deux mois à ces marques, avant de perdre leur appellation « eau minérale naturelle », qui impose l’absence totale de traitement sur l’eau prélevée.
Nestlé avait obtenu début 2023, de la part du gouvernement, une dérogation pour conserver des filtres non conformes dans ses usines, malgré les alertes de l’Agence de sécurité sanitaire. « Nestlé devra faire face à la justice, affirme Ingrid Kragl, directrice de l’information et des enquêtes chez Foodwatch. Car cela fait des années que la multinationale commercialise des produits frauduleux en France et dans le monde. Une information judiciaire est désormais ouverte au tribunal de Paris. » Le groupe Nestlé Waters affirme au Monde qu’il reste « déterminé à rechercher des solutions ».