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Covid-19

Plan de relance et aides d’urgence : la justice sociale et l’écologie doivent primer

En réponse aux crises sanitaire et économique, le gouvernement français a annoncé des mesures de soutien et prépare un plan de relance, à destination notamment des entreprises les plus touchées. Nombre d’associations et de syndicats se sont mobilisées ces derniers jours afin de réclamer une prise en compte des enjeux sociaux et écologiques.

Ainsi, dans une tribune publiée sur France TV Info, 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales ont réclamé des mesures sociales d’urgence — interdiction des licenciements, réquisition des logements vacants, moratoire sur les factures impayées — et ont demandé « de profonds changements de politiques », pour « se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde » :

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. »

Car pour le moment, les annonces faites par le gouvernement n’ont pas convaincu grand monde. Pire, pour le Réseau action climat (RAC), « mal calibrées, ces réponses d’urgence pourraient alimenter la crise environnementale et mettre en péril notre capacité à tracer un chemin de transition juste pour les salariés de tous les secteurs ».

« Le gouvernement ne doit pas soutenir de manière inconditionnelle les entreprises dont l’activité participe à l’aggravation de la crise climatique »

Le Réseau a ainsi publié, vendredi 27 mars, ses pistes « afin que la réponse à l’urgence sociale, économique et sanitaire n’exacerbe pas la crise environnementale et sociale ». Si le RAC reconnaît l’intérêt d’outils de soutien financier d’urgence qui doivent être « strictement orientés vers la prévention de faillites de grande ampleur, qui auraient des effets désastreux en matière d’emploi », et concerner également les petites et moyennes entreprises, « le gouvernement ne doit pas soutenir de manière inconditionnelle les entreprises dont l’activité participe à l’aggravation de la crise climatique et au gaspillage des ressources naturelles », insiste-t-il dans un communiqué.

Ainsi, « l’État devra garantir un respect strict des budgets carbone », ainsi que « le renforcement de la réglementation environnementale » pour les secteurs soutenus, notamment pour l’aviation, l’automobile, et les entreprises du secteur parapétrolier. « Une trajectoire de suppression des avantages fiscaux dont bénéficient certaines entreprises, telles que les compagnies aériennes, doit également être instaurée. »

En matière de politique sociale, ajoute le RAC, « un moratoire sur le versement des dividendes et les plans de rachat d’actions doit être imposé aux entreprises soutenues, permettant de renforcer leur capacité à absorber le choc économique actuel ».

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