Plongée au cœur du lobby climato-sceptique - ce soir à la télé

Durée de lecture : 3 minutes

20 octobre 2015 / Pascale Solana (Reporterre)

Climatosceptique, la guerre du climat, le film de Laure Noualhat et Franck Guérin, est projeté en présence des réalisateurs jeudi 5 février à 21h dans le cadre du 32e Festival International du Film d’Environnement. Une investigation poussée au cœur du lobby climatosceptique.

Ce documentaire de 52 mn va jouer sur vos émotions. Sans le vouloir, parce que ce n’est pas son propos en fait. Il s’agit d’une investigation poussée au cœur du lobby climatosceptique qui ne donne absolument pas dans le pathos. Mais au fil de l’enquête, vous pourrez passer par différents sentiments.

Au commencemen, on est sage et attentif car on nous explique la situation : la concentration de gaz à effet de serre qui atteint un niveau jamais égalé depuis quinze ans, le réchauffement qui a commencé, ses conséquences, fontes de glaciers, montée du niveau des mers, évènements climatiques, sécheresses ici, tempêtes là-bas, création du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) en 1988, travaux, prix Nobel en 2007.

Puis vient l’irritation et l’agacement devant les agitations médiatiques du physicien et ancien ministre Claude Allègre bavant sur les travaux scientifiques du Giec. Bien que non spécialiste du climat, il réussit à semer le doute sur la réalité du réchauffement climatique et les travaux d’éminents spécialistes.

L’homme a aujourd’hui disparu des écrans, mais 13 % des Français sont sceptiques face au réchauffement climatique et 22 % nient le lien entre le climat et les activités humaines. Si un fait scientifique est avéré, comment le doute est-il né ?, s’interroge la journaliste. Pour y répondre, elle nous emmène aux Etats-Unis où le mouvement climato-sceptique est le plus virulent au monde.

C’est à ce moment là que progressivement l’agacement se transforme en étonnement, puis en colère. Et l’on comprend pourquoi depuis 1997, les USA se sont si peu impliqués dans le protocole de Kyoto. On découvre les armes des climato-sceptiques portées par de redoutables communicants : la défense des libertés, une philosophie ultralibérale où rien ne doit être régulé.

Les mouvements de protection de l’environnement y apparaissent comme des apôtres du collectivisme n’aimant ni l’homme, ni la civilisation, la mauvaise foi est reine, le débat est politique.

C’est dans l’Oklahoma, le royaume des énergies fossiles en tout genre où se poursuit l’investigation que l’abattement surviendra. Peut-être à cause de cette femme indienne qui raconte son peuple malade et sa conception de la liberté.

Surviendra enfin le dégoût face à la corruption, à la puissance des forces occultes capables d’orienter science et politique. Ou la peur, parce que l’infiltration s’étend jusqu’au sommet de l’état. « C’est Dallas ! », comme le dit un des témoins. Comment serez-vous à la fin du film ? Lucide. Surtout en repensant au titre du documentaire, la guerre, mais c’est bien sûr…


- A voir ce soir mardi 20 octobre à 21h38 sur France 5

Climatosceptique, la guerre du climat, de Laure Noualhat et Franck Guérin, Production Compagnie des Phares-Balises, 52 mn.



Lire aussi : Festival du film d’environnement 2015 : tournez !

Source : Pascale Solana pour Reporterre

Images : Phares balises et FIFE

THEMATIQUE    Climat Culture et idées
18 novembre 2019
Ecolo et anarchiste, une réponse à l’effondrement
16 novembre 2019
Au Brésil, la marée noire dévaste les côtes et le gouvernement ne fait rien
16 novembre 2019
Les Gilets jaunes ont forcé la mue sociale du mouvement écologiste


Sur les mêmes thèmes       Climat Culture et idées





Du même auteur       Pascale Solana (Reporterre)