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Municipales 2026

Podcast - Quand des habitants arrivent (enfin) à transformer leur ville

« Puissance commune », un podcast de Reporterre.

Municipales — À l’heure d’élections cruciales pour l’écologie, Reporterre sort « Puissance commune », un podcast de Rémi Dybowski-Douat sur ces villes qui expérimentent déjà d’autres manières de vivre. Leurs habitants, acteurs de la transformation, inventent des solutions concrètes et transforment leur quotidien.

Guerres. Franchissement de points de bascule climatiques. Montée de l’extrême droite. Extinction d’espèces, terrassées par les épandeurs, les abatteuses et le béton. Difficile, face à l’actualité, de faire preuve d’optimisme et de garder la conviction que nous avons prise sur l’avenir. Le déferlement de catastrophes — humaines, écologiques, géopolitiques — nous plonge dans un état de sidération. La marche du monde semble nous échapper. Comment garder, dans ce contexte, l’espoir de faire advenir des temps heureux ?

Sans être naïfs sur la gravité de la situation, il nous faut nous accrocher aux perspectives de changement qu’il nous reste. Il se profile, en France, une échéance cruciale pour l’écologie : les élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars. Un scrutin bien moins anodin qu’il n’y paraît, les maires ayant la main sur bon nombre de domaines structurants, que ce soit en termes de mobilité, d’alimentation, d’accès à l’énergie, d’urbanisme, etc.

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Dans son nouveau podcast pour Reporterre, « Puissance commune », Rémi Dybowski-Douat nous montre que l’échelon local peut devenir un laboratoire, où concocter des solutions innovantes et adaptées aux territoires. En quatre épisodes revigorants, le journaliste nous emmène dans des communes françaises où l’on expérimente déjà d’autres manières de vivre. Des communes où les voitures n’ont plus droit de cité, où les rues sont bordées d’arbres fruitiers, où l’on instaure des espaces de gratuité, où les bâtiments sont conçus de manière à consommer le minimum d’énergie.

Ces communes ouvrent des brèches dans le modèle dominant

Des communes, aussi, où les décisions sont prises de manière collective : où les habitants prennent la parole, débattent et inventent ensemble comment transformer leur quotidien. Les vertus des modèles communaux explorés par Rémi Dybowski-Douat excèdent le domaine environnemental. Leur fonctionnement peut être vecteur de joie, créer de nouvelles solidarités et « remettre les gens en lien », comme l’explique dans le deuxième épisode de cette série un habitant de Harnes, une commune du bassin minier rénovée dans une démarche de démocratie participative. « Des gens qui vivaient à côté les uns des autres se sont mis à se parler de nouveau, à vivre véritablement ensemble. »

Ces exemples concrets sont porteurs d’un immense espoir. Ils élargissent nos imaginaires, et démontrent qu’il est possible d’ouvrir des brèches dans le modèle dominant. Ils n’en sont pas pour autant parfaits. Ce podcast interroge leurs limites : quels outils mobiliser pour que ces modèles alternatifs parlent au plus grand monde, et ne soient pas imposés « d’en haut » aux habitants ? Comment s’assurer qu’ils n’évoluent pas en oasis réservées aux privilégiés ? Est-il seulement possible de coconstruire une utopie écologique à très grande échelle, dans une métropole de plusieurs centaines de milliers d’habitants ?

Voilà quelques-unes des pistes sur lesquelles ce podcast entraîne notre réflexion. On achève son écoute avec l’envie de faire essaimer ce type d’initiatives… et des clés pour y arriver.

1. Muttersholtz, la mobilisation collective dans une ville pilote

Habitats passifs, rues arborées, jardins partagés, ateliers de bricolage transgénérationnels, espaces pour échanger meubles, vêtements et jouets… Muttersholtz (Bas-Rhin) est une pionnière de l’écologie. Depuis cinquante ans, la commune multiplie les projets pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver la biodiversité.

L’élan s’est fortement accéléré en 2008 avec l’arrivée du maire Patrick Barbier (alors sous l’étiquette Europe Écologie-Les Verts), qui a structuré et amplifié les initiatives environnementales. À l’aide d’un solide réseau associatif, il est parvenu à entraîner les habitants dans cette dynamique. « On baigne dedans, et on s’y sent bien », témoigne une habitante.

2. Harnes, le coron réinventé

À Harnes, dans la cité minière de l’Orient (Pas-de-Calais), la transition écologique se construit à partir du quotidien des habitants, plutôt que via de grands projets imposés. Depuis 2021, un projet de recherche-action mené avec l’École d’architecture Ensa Lille et la plateforme Popsu mise sur l’écoute des savoirs d’usage pour réhabiliter les corons sans effacer leur histoire. Ressourcerie, café associatif, cinéma de quartier : peu à peu, les habitants deviennent acteurs de la transformation.

Ici, la rénovation est autant sociale et culturelle qu’énergétique. Elle redonne fierté au quartier, et recrée des liens entre les habitants. « Des gens se reparlent, se sourient, reprennent contact avec le service public, redeviennent autonomes... » raconte l’un d’entre eux. Grâce aux projets participatifs, tous « gagnent en bonheur au quotidien ».

3. Saint-Pierre-de-Frugie, l’équilibre fragile d’une renaissance rurale

À Saint-Pierre-de-Frugie (Dordogne), village autrefois en déclin, la transition écologique a attiré de nouveaux habitants et relancé la vie locale. Mais comment faire cohabiter néoruraux et familles installées de longue date sans imposer une vision venue d’ailleurs ? Quels dispositifs inventer pour « créer des ponts dans la fracture » entre ces habitants ?

Le reportage explore cet équilibre délicat : transformer le territoire, oui, mais en construisant avec celles et ceux qui l’ont toujours fait vivre.

4. Bordeaux, l’écologie à l’épreuve d’une grande ville

À Bordeaux (Gironde), l’écologie se joue à l’échelle d’une grande métropole, entre ambitions vertes et réalités économiques. Le plan Bordeaux grandeur nature, porté par le maire Pierre Hurmic, promet 1 million d’arbres, davantage de pistes cyclables et d’énergies renouvelables.

Mais la ville poursuit aussi ses grands projets urbains et accepte l’implantation d’un data center, symbole des tensions entre attractivité, croissance et sobriété. Entre verdissement des espaces publics, nouveaux logements bas carbone et critiques citoyennes sur le rythme des transformations, Bordeaux incarne le défi écologique des grandes villes.



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