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Quotidien

Rapporter sa bouteille en magasin : la consigne fait son retour en France

Une usine spécialisée dans le nettoyage des bouteilles consignées, à Neuville-en-Ferrain (Nord).

L’expérimentation du retour de la consigne des bouteilles en verre a débuté dans quatre régions françaises. Malgré certains retards à l’allumage, le dispositif doit monter en puissance dans les prochaines semaines.

Neuville-en-Ferrain et La Madeleine (Nord), reportage

Ses admirateurs loueront son bon rapport qualité-prix, là où ses détracteurs diront d’elle qu’elle représente un choix d’habitude. La Goudale, bière brassée à Arques (Pas-de-Calais), risque de s’inviter à de nombreux apéros cet été : ses bouteilles sont désormais consignées.

La brasserie fait partie des huit marques engagées dans l’expérimentation lancée le 12 juin — pilotée par l’entreprise Citéo — sur la consigne des bouteilles en verre. À ses côtés, on retrouve des produits des marques Danone, Refresco, Lorina ainsi que Les Produits de la mer.

Ce retour de la consigne dans quatre régions — Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France — mené sur dix-huit mois, concerne potentiellement 16 millions d’habitants. Il s’inscrit dans le cadre de la loi Agec (Antigaspillage pour une économie circulaire). Adoptée en 2020, elle donne l’objectif d’avoir 10 % d’emballages réemployés d’ici 2027.

Lire aussi : Plus écolo que le recyclage, la consigne en verre prépare son retour

Une étiquette violette et jaune portant la mention « Rapportez-moi » sera apposée sur les bouteilles consignables. Ces mêmes bouteilles seront également reconnaissables grâce à la lettre « R » (pour réemployable) gravée dans le verre, et d’autres signalétiques mises en place par les marques. Une fois les bouteilles vidées, il faudra les déposer dans une machine chez un des magasins partenaires, contre 10 ou 20 centimes par bouteille.

Des bouteilles en verre portant la mention «  réemployable  ». © Mehdi Laïdouni / Reporterre

Le groupe Citéo a délégué le traitement des bouteilles à Go Réemploi, un groupement d’entreprises dans lequel on retrouve les deux sites où les bouteilles consignées seront lavées : Bout à Bout, à Carquefou (Loire-Atlantique), et Haut la consigne, à Neuville-en-Ferrain (Nord). Après nettoyage, les bouteilles seront réutilisables jusqu’à 50 fois.

Déploiement progressif des automates

Pour tenir ces nouveaux contenants entre ses mains, il faudra toutefois faire preuve d’un peu de patience : les bouteilles sont en cours de production et vont être mises en place progressivement, quand les stocks restants seront écoulés. Le 13 juin, Reporterre s’est rendu au magasin Super U de La Madeleine (Nord), annoncé sur la carte fournie par Citéo comme partenaire. L’automate destiné à récupérer les bouteilles était bien en place, mais pas encore utilisable. « Ça n’a pas l’air de marcher... » soupirait un client curieux, contemplant la machine à l’entrée du magasin.

Un automate destiné à récupérer les bouteilles et bocaux consignés à l’entrée d’un supermarché. © Mehdi Laïdouni / Reporterre

Dans ses locaux de Neuville-en-Ferrain, à un jet de pierre de la frontière franco-belge, Florence Duriez, cofondatrice de Haut la consigne, présente les nouvelles bouteilles, conçues dans l’idée d’être bien identifiables par les consommateurs. « Les tout premiers nouveaux emballages sont vendus dans l’Ouest, ça arrive dans le Nord la semaine prochaine. À chaque fois, ce sera la même communication. La standardisation est l’une des clefs du succès pour relancer la consigne en France », croit Florence Duriez.

« À partir du moment où on donne l’information au client, ça peut marcher »

Si le nombre de magasins partenaires va doubler à la faveur de l’expérimentation, Haut la consigne pratique déjà le réemploi avec de nombreux supermarchés et hypermarchés dans les Hauts-de-France. Avec le temps et l’expérience, le site neuvillois a standardisé le traitement des bouteilles et bocaux, et est capable de renvoyer rapidement les contenants désormais utilisables. « Il y a 20 minutes dans la laveuse et 30 minutes au total. Après, les palettes repartent chez les producteurs », dit Florence Duriez.

Depuis sa création en 2019, Haut la consigne est sur une dynamique ascendante, alignée sur le retour en force de la consigne. Le site a traité 1,7 million de contenants pour l’année 2024, contre 5 000 la première année. « L’usine est en capacité de laver 30 millions d’emballages par an », détaille Florence Duriez, qui croit dur comme verre à ce modèle. « Il y a des expérimentations où on voit déjà des taux de collecte autour de 50 %, relève Florence Duriez. À partir du moment où on donne l’information au client et où on le motive pour reprendre son argent, ça peut marcher. »

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