Réduction des pesticides : un rapport parlementaire dénonce « une décennie de perdue »
En 2008, l'objectif était de réduire de 50 % l’usage des produits phytosanitaires. Pourtant, quinze ans plus tard, leur consommation a augmenté de 14 % par rapport à la période 2009 - 2011. - © Simon Mannweiler / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
En 2008, l'objectif était de réduire de 50 % l’usage des produits phytosanitaires. Pourtant, quinze ans plus tard, leur consommation a augmenté de 14 % par rapport à la période 2009 - 2011. - © Simon Mannweiler / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
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« Une décennie de perdue. » Le 21 décembre, une commission d’enquête parlementaire a publié un rapport, dénonçant l’échec des plans nationaux de réduction des pesticides, baptisés Écophyto. Créés en 2008, ceux-ci avaient pour objectif de réduire de 50 % l’usage des produits phytosanitaires. Pourtant, quinze ans plus tard, leur consommation a augmenté de 14 % par rapport à la période 2009 - 2011. Et le glyphosate vient d’être réautorisé au niveau européen pour dix années supplémentaires.
Sans détour, la commission décrit Écophyto « comme un véhicule qui roulerait sur une route sans radar, avec un tableau de bord défectueux, un véhicule sans pilote dont les passagers feraient de la destination même un sujet de controverse ». Son rapporteur, le député PS de Meurthe-et-Moselle, Dominique Potier dénonce l’absence de politique de surveillance des effets des pesticides, que ce soit sur la qualité de l’air, des sols ou de la biodiversité.
⚠️ Une décennie de perdue pour protéger notre #santé & notre #environnement !
Une commission d’enquête, a identifié les causes de l’incapacité de la 🇫🇷 à atteindre les objectifs de maîtrise des impacts des produits phytosanitaires.
🔍 Décryptage : https://t.co/2QUwjiR3Yi
1/8 pic.twitter.com/a761GRgxCl— France Nature Environnement (@FNEasso) December 21, 2023
Le député Renaissance, et président de la commission d’enquête, Frédéric Descrozaille pointe lui le manque criant de coordination interministérielle. Les membres du comité d’orientation et de suivi de ces plans nationaux, dont le rôle était d’assurer leur bon déroulement, « ne se sont pas réunis une seule fois entre 2019 et 2023 ».
Aux yeux de France Nature Environnement, de rares avancées émergent dans cet océan de reculs. Notamment la suppression du marché d’une grande partie des molécules les plus toxiques. L’association rappelle toutefois sur le réseau social X, que « les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides, avec un risque accru de cancer de la prostate, de plusieurs cancers du sang, de la peau et des lèvres, et de tumeurs du système nerveux central ».