Rendez-vous à Nantes pour libérer l’Ouest du béton

Durée de lecture : 4 minutes

26 février 2020 / La Confluence des luttes du Grand Ouest



Dans le Grand Ouest, les projets de bétonisation des terres, qui menacent les milieux vivants, se multiplient. Les auteurs de cette tribune souhaitent donc se rassembler, « confluer », pour lutter en faveur du climat tout en redevenant « maitres.ses de nos conditions d’existence ». Première manifestation prévue fin février.

L’État, les pouvoirs locaux et les multinationales crient désormais sur tous les toits leur conversion à l’écologie. Ils continuent pourtant d’être les acteurs cyniques du saccage de nos territoires.

Qu’il s’agisse de projets industriels soutenus par l’État au nom de la ré-industrialisation de la France, d’investissements privés motivés par l’appât du gain, ou de caprices de politiciens locaux qui veulent doper l’attractivité de leur ville, ces nouveaux aménagements ont pour point commun d’aller à rebours des objectifs environnementaux de la France.

Ces constructions, en coulant toujours plus de béton, participent à la destruction des milieux vivants : 650 kilomètres carrés de terres sont artificialisées chaque année en France[[Selon le Plan Biodiversité, du Comité interministériel biodiversité, 4 juillet 2018.], la moitié est le fait de la construction de logements individuels et des routes qui les desservent. 

Le Grand Ouest est particulièrement concerné par les projets qui menacent les milieux vivants

Pourtant le sol est précieux : il stocke du CO2 au même titre que les arbres, absorbe les crues des cours d’eau, filtre l’eau qu’on boit et fait pousser notre nourriture. Dans nos régions, il faut environ 500 ans pour former cinq centimètres de sol : toute destruction est donc irréversible à l’échelle des temps humains.

Le Grand Ouest (de Bordeaux à la Normandie, en passant par Mardié et Paris) est particulièrement concerné par ces projets qui menacent les milieux vivants. Aperçu :

- pont sur la Loire à Mardié (45) : coupe à blanc de plusieurs hectares de la forêt de Latingy, destruction d’une partie de l’habitat du balbuzard, espèce protégée en France
- complexe commercial au Mans (72) : 35 hectares de prairie menacés, risques de pollution de la source d’eau de la ville
- deux autoroutes à péage à l’est de Rouen (76) : 500 hectares de terres agricoles et naturelles artificialisées
- rocade à Vitré (35) : 40 hectares de terres agricoles en sursis
- deux poulaillers industriels à Langoëlan (56) d’une capacité de 27 poulets au mètre carré
- parc « écotechnologique » du Carnet (44) : projet de zone industrielle de 110 hectares sur les bords de Loire, livrée clef en main aux investisseurs internationaux grâce au programme macroniste « Choose France »
- Surf park à Saint-Père-en-Retz (44) : dix hectares de terres agricoles menacés, à dix kilomètres de la mer
- port de plaisance à Bretignolles-sur-mer (85) : destruction de la plage de la Normandelière, interrompue depuis la création d’une zone à défendre en octobre 2019
- seize bassines de rétention d’eau (79) : des dizaines d’hectares de terres agricoles menacées
- projet d’EPR à Flamanville (50), qui se poursuit malgré un surcoût exorbitant et des défaillances en série 
- et partout, des Plans locaux d’urbanisme qui consacrent la poursuite du mirage pavillonnaire, parfois contestés comme à Rouen (76).

Ayant pris acte que ceux qui ont présidé au ravage écologique veulent désormais nous faire croire qu’ils pourraient l’interrompre, nous voulons leur reprendre cette faculté de transformer les milieux vivants, qu’ils détiennent actuellement en tant qu’« aménageurs du territoire ». Il faut tout leur reprendre.

Le caractère global de la menace climatique ne doit pas nous déposséder de notre volonté d’agir

C’est fort.es de cette détermination que nous avons créé un réseau des luttes du Grand Ouest. Notre objectif est de renforcer l’efficacité de nos luttes, en faisant confluer nos forces, en coordonnant nos actions, en partageant nos expériences et savoir-faire.

Le caractère global de la menace climatique ne doit pas nous déposséder de notre volonté d’agir : le ravage écologique se déroule au bout de notre rue, aux périphéries de nos villes, au creux d’un vallon, dans les milieux que nous habitons. En les défendant, en contestant le pouvoir de ceux qui les détruisent, nous luttons en faveur du climat en même temps que nous redevenons maitres.ses de nos conditions d’existence. 

Le premier acte de notre coopération se déroulera le 29 février prochain, à Nantes, avec une Manifest’action contre la bétonisation et les projets destructeurs. Nantes, ville championne de la métropolisation dans l’Ouest avec sa politique d’attractivité qui transforme la Loire-Atlantique en banlieue, bétonnée à coups de lotissements, zones commerciales ou industrielles. Championne de l’écoblanchiment, surfant sur son titre de capitale verte européenne tout en détruisant friches et terres maraîchères pour s’étendre. Symbole aussi de la lutte contre la bétonisation depuis la lutte victorieuse contre l’aéroport

Soyons nombreuses et nombreux à confluer pour montrer à l’État, aux collectivités et entrepreneurs-ses que nous ne laisserons plus notre planète être souillée par les bulldozers de leurs projets mortifères.


Tous les collectifs de l’Ouest et d’ailleurs, opposés à des projets inutiles et imposés, sont invités à prendre part au village des luttes, présent dès 12 h sur la place du Miroir d’eau, puis à la déambulation carnavalesque à partir de 14 h 30 dans les rues de Nantes.
Plus d’infos ici / Nous contacter : [email protected]





Lire aussi : La carte des luttes contre les grands projets inutiles

Source : Courriel à Reporterre

Photo : Page Facebook / Terres communes
. Pancartes contre le Surf Park (© Héloïse Leussier/Reporterre)

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

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