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Animaux

Tout savoir sur le poulpe, en 5 faits étonnants

Le sang des poulpes, ici un poulpe commun, passe par trois cœurs !

Avec leur sang de couleur bleu, leur bras copulateur et leur capacité à faire repousser leurs membres, les poulpes sont des céphalopodes étonnants. Tour d’horizon de ses caractéristiques les plus insolites.

Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.



L’été approchant, peut-être aurez-vous la chance d’observer dans l’eau des poulpes, ces céphalopodes aux pouvoirs étonnants ! La France métropolitaine abrite une douzaine d’espèces et les territoires d’outre-mer une trentaine. Voici cinq choses à savoir sur eux.

1. Un magicien

Le poulpe est passé maître de l’illusion et du détournement d’attention en pratiquant la technique de l’écran de fumée. La projection d’encre dans les moments de panique ou de fuite a pour but d’attirer le regard du prédateur vers une forme éphémère censée ressembler à un animal.

Pendant ce temps, notre magicien peut alterner entre plusieurs astuces pour tromper l’ennemi. À commencer par des mouvements ultrarapides en tous sens, dits protéens en référence au dieu grec Protée et ses changements de forme imprévisibles. Et bien sûr le camouflage, par exemple en devenant clair et donc moins visible que l’encre. Parfois, le céphalopode use de l’intimidation en se grossissant en une forme impressionnante. Esbroufe !

Un poulpe commun en tenue de camouflage. © Stock Adobe

2. Amateur de coquilles

La pieuvre, l’autre nom du poulpe, est carnivore. Aussi fou que cela puisse paraître, la majorité des proies convoitées de ce grand corps mou sont les rigides crustacés, comme les crabes et homards, ainsi que les bivalves, ses cousins mollusques à coquille. Le prédateur capture son futur repas avec ses bras — il en compte huit — et le transporte généralement dans sa cavité dont l’entrée est jonchée de restes de festins.

Pour tuer sa proie, le poulpe lui injecte d’abord du venin, la céphalotoxine, en le mordant avec son bec. Par ailleurs, des enzymes liquéfient l’intérieur de la victime… Coquilles et carapaces sont brisées, ces parties dures sont ensuite délaissées par le poulpe qui compte bien rester… mou !

Certaines espèces comme le poulpe de récif rechignent à consommer des organismes à coquille, mais chassent des poissons et des crabes. D’autres comme l’élédone musquée ne dédaignent pas les cadavres.

3. Le sang bleu

C’est très surprenant pour nous les humains : le sang qui parcourt l’organisme du poulpe est indéniablement bleu. Dans un système vasculaire clos très singulier dans le monde des mollusques, le liquide vital circule à travers artères, veines et petits vaisseaux. Sa couleur originale vient du fait que l’hémocyanine qui transporte l’oxygène n’est pas à base de fer comme chez les animaux à sang rouge, mais à base de cuivre.

L’autre caractéristique remarquable du système sanguin de ces céphalopodes : il passe par trois cœurs ! Le premier, dit systémique, est alimenté depuis les branchies, puis la circulation gagne tout le corps avant de revenir par des veines. Le sang qui revient de la tête par la veine céphalique se divise via deux veines caves, direction les deux cœurs branchiaux.

Un membre amputé  ? Le poulpe peut le régénérer. © Stock Adobe

4. Régénération de membres

Comme les crabes, salamandres et autres lézards, les poulpes ont l’incroyable capacité de faire repousser un membre lorsqu’il est significativement abîmé ou même amputé. Les cellules dédiées à la création de nouveaux tissus chez ces animaux s’appellent les cellules « progénitrices ». Il en existe pour la régénération de muscles, de nerfs et de peau.

Issues des cellules souches, elles sont au repos et possèdent la capacité de se différencier et produire des types cellulaires spécifiques en réponse à de nombreux stimuli comme un accident ou une commande volontaire du cerveau. Très intéressante pour la médecine, cette caractéristique confère à ces cellules un rôle majeur dans les phénomènes de renouvellement et de régénération tissulaire.

5. Un accouplement via... son bras

Les poulpes misent décidément sur leurs bras, même pour l’accouplement. Plus exactement, grâce à la spécialisation de l’un d’entre eux, le troisième à droite, par exemple, chez le mâle du poulpe commun. Ce bras copulateur, ou hectocotyle, est doté d’un conduit au sein duquel voyagent les spermatophores, sacs contenant les spermatozoïdes. Le poulpe insère l’extrémité de ce membre spécial dans la cavité dite palléale de la femelle pour y déposer sa semence. Cette offrande — pouvant provenir de plusieurs mâles — est stockée avant d’être mobilisée pour féconder les ovules via un trajet par l’oviducte.

Pas de câlin donc, et encore moins chez l’argonaute, octopode particulier, dont l’extrémité du membre copulateur se brise dans la femelle et continue de ramper. L’opération lui coûte plus qu’un bras puisqu’il meurt. La première fois qu’il a été observé, les chercheurs l’ont pris pour un ver parasite et l’ont nommé Hectocotylus !


Cet article est issu du n°288 de la Revue Salamandre, Huit pieds sous les mers, qui vient juste de paraître.

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