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En bref — Déchets

Stocamine : l’inventaire des 42 000 tonnes de déchets toxiques va être lancé

Le site à Wittelsheim.

Qu’est-ce qu’il y a exactement sous la nappe phréatique, à Stocamine ? Le parquet de Strasbourg a annoncé, le 8 mars, avoir saisi l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Ce service de police judiciaire de la gendarmerie nationale va être chargé d’étudier la nature exacte des 42 000 tonnes de déchets toxiques stockés sous la nappe phréatique de Wittelsheim (Haut-Rhin), dans la banlieue de Mulhouse.

Ces déchets, contaminés à l’arsenic, au cyanure ou encore à l’amiante, se trouvent dans une ancienne mine de potasse depuis 1999. Ils y ont été placés par une filiale de la société des Mines de potasse d’Alsace, détenue par l’État, pendant trois ans. En 2002, un incendie dans la mine (causé par des déchets entrés irrégulièrement) a fait cesser l’activité de l’entreprise. Depuis, presque tous les colis sont restés sous terre, alors que la gestion du site et son contenu présentent de nombreuses irrégularités.

La plus grande réserve souterraine d’eau potable en Europe

Ce sont ces irrégularités, révélées par une enquête de Rue89 Strasbourg, en partenariat avec Reporterre, qui ont amené Alsace Nature à déposer une plainte pénale en juin 2021, concernant le manque d’informations précises sur l’origine et la nature des colis stockés sous terre. L’association espère obtenir la réalisation d’un inventaire des déchets de Stocamine.

Il existe un risque que ces colis entrent un jour en contact avec la nappe phréatique rhénane et contaminent la plus grande réserve souterraine d’eau potable en Europe. Des associations demandent donc un déstockage de ces déchets. Mais le gouvernement estime qu’il est trop risqué pour les mineurs de les sortir, la mine s’effondrant sur elle-même. D’où le projet de l’État de construire un sarcophage de béton pour sceller définitivement dans le sol ces déchets.

L’Oclaesp a quelques jours pour réaliser son enquête et ses tests : les travaux de confinement définitif étaient censés commencer durant la semaine du 7 mars.

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