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En bref — Ukraine

Taxonomie verte : les industries gazière et nucléaire russes font pression sur l’Europe

Un méthanier, illustration.

« L’inclusion du gaz fossile et du nucléaire dans la taxonomie européenne va renforcer notre dépendance à la Russie », constate Greenpeace. L’ONG a publié le 17 mai un rapport sur les pressions exercées par des entreprises russes – telles que Gazprom, Lukoil et Rosatom – et par le gouvernement français pour que le gaz fossile et l’énergie nucléaire fassent partie de la taxonomie européenne. Mise en place en 2020, il s’agit d’une classification des activités économiques favorables à l’environnement permettant d’orienter les investissements. La Commission a proposé fin décembre 2021 qu’elle intègre le gaz et le nucléaire dans la liste des activités considérées comme « vertes ». L’acte délégué a été adopté [1] mais une majorité absolue des eurodéputés peut encore rejeter le plan de la Commission en juillet prochain.

La Russie fournit 45 % du gaz et 20 % de l’uranium enrichi de l’Europe, elle pourrait gagner 4 milliards d’euros supplémentaires par an par le biais de nouveaux projets gaziers grâce à cette taxonomie européenne — « pour un total de 32 milliards d’euros d’ici 2030 », selon Greenpeace. Par ailleurs, l’ONG estime que la société nucléaire russe Rosatom pourrait bénéficier de près de 500 milliards d’euros d’investissements de la part de l’UE grâce à l’inclusion du nucléaire dans cette liste.

L’Allemagne s’était positionnée contre le projet d’inclusion du nucléaire

Selon Pauline Boyer, chargée de campagne Transition énergétique à Greenpeace France, « en plus d’être une catastrophe pour le climat et l’écologie, en plus de détourner des fonds nécessaires pour accélérer la transition énergétique, l’acte délégué de la Commission européenne renforcerait de facto le pouvoir géopolitique de Poutine et la dépendance de l’UE à l’énergie russe pour les décennies à venir ».

Lire aussi : Accro aux gaz et pétrole russes, la France finance Poutine

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, l’UE aurait acheté à Poutine pour près de 44 milliards d’euros de gaz fossile, selon le rapport de Greenpeace. Les bénéfices de la Russie sur cette taxonomie pourrait l’aider à financer la guerre en Ukraine, « tout en renforçant son pouvoir de négociation avec l’Europe » ajoute le rapport.

Les militants de Fridays for Future appellent à une journée de mobilisation le 21 mai partout en Europe, pour lutter contre le greenwashing du gaz et du nucléaire.

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