L’Assemblée vote une revalorisation des petites retraites agricoles
Le texte contient trois mesures principales pour réduire certaines inégalités qui touchent les retraités agricoles, en particulier les femmes. - © Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le texte contient trois mesures principales pour réduire certaines inégalités qui touchent les retraités agricoles, en particulier les femmes. - © Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Durée de lecture : 2 minutes
La revalorisation des petites retraites agricoles est sur la bonne voie. Jeudi 4 juin, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, contre l’avis du gouvernement, la proposition de loi portée par le député communiste du Puy-de-Dôme Julien Brugerolles, qui vise à revaloriser les pensions les plus faibles.
Le texte contient trois mesures principales pour réduire certaines inégalités qui touchent les retraités agricoles, en particulier les femmes, souvent conjointes d’exploitants ou aides familiales, dont les pensions sont parmi les plus faibles. La plus importante étend ainsi la revalorisation de la retraite à 85 % du Smic (environ 1 200 euros mensuels) pour les carrières complètes aux conjoints collaborateurs et d’aides familiaux, ce qui améliorerait le sort d’environ 186 000 retraités, dont 178 000 femmes.
Pour le calcul de la majoration du montant minimal de retraire garanti pour une carrière complète, certaines pensions ou bonifications (comme celles obtenues en cas de famille nombreuse) ne seront plus prises en compte et n’abaisseront donc pas le montant final.Ce changement devrait entraîner un gain d’environ 66 euros par mois pour 61 000 bénéficiaires, dont 52 000 femmes.
Lire aussi : « Sans les femmes, pas d’avenir pour l’agriculture »
Enfin, le texte prévoit la suppression du mécanisme d’écrêtement, qui prive plus de 100 000 retraités de la revalorisation de leur retraite complémentaire lorsqu’ils ont cotisé à plusieurs régimes, dans le cas des polyactifs et/ou carrières discontinues.
Ce texte s’inscrit dans la continuité des réformes dites « Chassaigne » de 2020 et 2021 et de la loi Dive, qui avaient déjà relevé le minimum de pension agricole à 85 % du Smic pour les chefs d’exploitation et modifié les modalités de calcul pour les autres assurés à la Mutualité sociale agricole (MSA).
Lire aussi : Partir à la retraite, le casse-tête des agriculteurs
Le gouvernement, par la voix du ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou, s’y est opposé au motif qu’il représenterait un coût supplémentaire d’environ 1 milliard d’euros par an pour le régime agricole. « Cette proposition de loi à 1 milliard d’euros n’est pas financée autrement que par la hausse de la fiscalité », a-t-il déploré.
Selon les derniers chiffres de la MSA, au 31 décembre 2024, 1,1 million de retraités relevaient du régime des non-salariés agricoles (chef d’exploitation, conjoint collaborateur ou aide familial). Ils touchaient une pension moyenne de 1 316 euros bruts par mois. Les retraites des femmes étaient inférieures d’environ 18,4 % à celles des hommes.