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En brefPollutions

Un pneumologue rémunéré par Total accusé d’avoir menti au Sénat

Le procès du pneumologue Michel Aubier a lieu ce mercredi 14 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. Cet ancien chef du service pneumologie de l’hôpital Bichat, à Paris, est soupçonné d’avoir menti devant les sénateurs, alors qu’il était auditionné par la commission d’enquête sur le coût de la pollution de l’air.

Le 16 avril 2015, quand le président de la commission, Jean-François Husson (sénateur LR de Meurthe-et-Moselle), lui demande s’il a des liens d’intérêts avec des acteurs économiques, Michel Aubier répond qu’il n’en a aucun, alors qu’il est médecin-conseil du groupe Total depuis 1997, en plus de son activité de pneumologue à l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris). Lors de cette audition, le pneumologue a minimisé les impacts de la pollution de l’air, estimant que son impact sur le cancer du poumon était extrêmement faible et discuté.

Pour son avocat, François Saint-Pierre, il n’y a pas de problème : « Il aurait exercé chez Carrefour, c’était toujours la même médecine du travail. Il exerçait la médecine en toute indépendance et il n’a jamais été le propagandiste du diesel. C’est pourquoi je demanderai de relaxer le professeur Aubier », a-t-il expliqué à France Info.

Pour l’avocat des associations parties civiles (Écologie sans frontière et Générations futures), François Lafforgue, le conflit d’intérêt est manifeste : « La question ne souffrait pas de doutes possibles. Total est un fabriquant de carburants. Lorsqu’il existe un lien d’intérêt, la personne qui intervient comme expert doit absolument le signaler. » Le Sénat s’est aussi constitué partie civile dans cette affaire, qui devra juger de la bonne ou mauvaise foi du docteur Aubier. Il risque cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

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