123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefClimat

L’objectif de 1,5 °C n’est pas suffisant pour éviter la fonte des glaciers polaires

370 milliards de tonnes de glace supplémentaires disparaissent chaque année.

Il reste très peu d’espoir de tenir l’engagement de l’Accord de Paris en maintenant le réchauffement sous l’objectif de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Pourtant, ce chiffre serait déjà trop élevé pour empêcher la fonte catastrophique des calottes glaciaires polaires, celles de l’Antarctique et du Groenland. C’est ce que conclut un article scientifique de synthèse publié le 20 mai dans la revue Communications Earth & Environment.

Alors que le réchauffement planétaire est actuellement d’environ 1,2 °C (en moyenne sur les vingt dernières années), les glaciers fondent déjà à un rythme inquiétant : 370 milliards de tonnes de glace supplémentaires disparaissent chaque année. La perte de glace a ainsi quadruplé depuis les années 1990, rappellent les auteurs de l’étude.

Les données des réchauffements passés analysées

Si le réchauffement de la Terre atteint 1,5 °C, et même si l’on reste au niveau actuel, la fonte des glaciers devrait probablement mener à une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres au cours des prochains siècles, selon les multiples données scientifiques analysées par les chercheurs. De quoi rendre l’adaptation extrêmement compliquée, alors que 230 millions de personnes vivent actuellement à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.

Savoir quelle serait la limite soutenable pour éviter l’effondrement des glaciers est extrêmement compliqué. Les chercheurs ont notamment analysé les données issues des précédents réchauffements dans le passé de la Terre, plusieurs centaines de milliers d’années en arrière. Elles indiquent que dépasser 1 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle entraînerait une hausse du niveau des mers de plusieurs mètres.

Autrement dit, même si limiter le réchauffement à 1,5 °C serait moins dramatique que la trajectoire actuelle, qui nous mène à +3 °C en 2100, aucun bouleversement du climat n’est anodin, et il y a vraiment urgence à changer de braquet dans la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.

legende