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En bref — Pollutions

Une nouvelle marée noire souille la côte du Pérou

Le président péruvien Pedro Castillo, près de la marée noire, le 25 janvier.

Plages souillées, pêcheurs artisanaux au chômage et oiseaux marins noyés dans le mazout… Le 15 janvier, une marée noire balayait les côtes péruviennes. Voilà que, dix jours plus tard, l’histoire se répète. En effet, mardi 25 janvier, les autorités du Pérou ont annoncé qu’une nouvelle fuite de pétrole avait été provoquée par la même raffinerie. Celle-ci se serait produite alors même que la compagnie pétrolière espagnole Repsol effectuait des travaux sur un oléoduc sous-marin, pour tenter d’éclairer les causes de la catastrophe précédente. Aucun chiffre n’a été dévoilé, pour l’instant, concernant les dégâts provoqués par cette seconde marée noire.

C’est en procédant à un vol d’inspection, visant à surveiller la zone touchée par la première marée noire, qu’un équipage de la marine péruvienne a observé une nappe huileuse à proximité immédiate de la raffinerie. Sur son site internet, Repsol Pérou s’est aussitôt empressé de nier toute nouvelle marée noire : « Nous écartons un deuxième déversement d’hydrocarbures. » L’entreprise est même allée jusqu’à mettre « en garde la population sur la circulation de fausses informations », sans donner plus de détails. Quelques heures plus tard, les autorités confirmaient finalement la version des militaires.

La première nappe noire aurait souillé plus de 180 hectares de littoral

Dix jours auparavant, les dirigeants de la compagnie pétrolière rejetaient déjà toute responsabilité de la première fuite de pétrole. Ils accusaient la forte houle présente dans le Pacifique, à la suite de la puissante éruption volcanique aux îles Tonga. Si celle-ci avait bel et bien provoqué des inondations des États-Unis et au Chili, une enquête a toutefois été ouverte par le procureur détaché auprès du ministère de l’Environnement. Dénommé Julio Cesar Guzman, il a annoncé mercredi que quatre responsables de Repsol, « chargés d’évaluer les risques de la gestion », seraient « convoqués par faire leur déclaration au parquet ».

Quelque 6 000 barils d’hydrocarbures s’étaient répandus dans l’océan, au large de la ville de Ventanilla, à 30 kilomètres au nord de Lima. Selon le gouvernement, la nappe noire aurait souillé plus de 180 hectares de littoral et 713 hectares d’espaces maritimes, entraînant la mort de milliers de poissons et d’oiseaux. Au même endroit, dix jours plus tard — le 25 janvier — le pétrole se déversait à nouveau.

Le Pérou n’est pas le seul à être touché. De l’autre côté du globe, plusieurs dizaines de milliers de litres de pétrole ont également été déversés dans le golfe de Thaïlande. Une fuite sur un pipeline, situé à une vingtaine de kilomètres des côtes, au large de la province de Rayong, est à l’origine de la catastrophe. Les autorités ont pourtant déclaré qu’aucune conséquence n’avait été signalée sur la vie marine.

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