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Covid-19

Une start-up française invente les masques respiratoires en fibre d’asperge

La start-up Farm’acopée a mis au point un process permettant de créer des masques respiratoires à partir de fibres d’asperge. Le directeur de l’entreprise, qui compte douze salariés, l’a annoncé mercredi 1er avril, lors d’une conférence de presse en ligne : « Le prototype que nous avons conçu répond aux normes sanitaires, et apporte une protection équivalente à celle des FFP2 », a indiqué Jean-Marc Santroux.

Créée en 2015, pendant la crise laitière, Farm’acopée vise à « mettre l’agriculture au service de la pharmacie, et vice versa », comme l’explique le dossier de presse présentant l’entreprise. « L’agriculture française est régulièrement en situation de surproduction, a précisé M. Santroux, chimiste de formation. Plutôt que de jeter, nous récupérons cette matière première afin de créer des produits utiles à l’industrie pharmaceutique : c’est écologique ! » Après avoir développé divers produits orthopédiques à partir de la caséine solidifiée — la principale protéine du lait —, l’entreprise s’est donc lancée dans la fabrication de masques « anti-gaspi », comme l’a raconté Sophie Selles, designer : « Nous avons d’abord tenté d’en fabriquer avec de la laine de mouton, mais les pièces obtenues grattaient trop, a-t-elle détaillé. Puis nous avons été contacté par des producteurs d’asperges désespérés par l’effondrement de leur prix de vente, et nous nous sommes orientés vers cette option. »

Les ventes de ce légume printanier se sont en effet durement affaissées depuis le début du confinement. La start-up a ainsi pu se procurer à moindre coût et en grande quantité cette matière première riche en fibres — qui ne s’est jamais pris les dents dans la chair filandreuse d’une asperge ? Le process technique est pour le moment couvert par le secret industriel, mais Mme Selles a admis s’être inspirée de la fabrication de vêtements en fibre de feuille d’ananas. L’entreprise, labellisée French Tech depuis six mois, aurait par ailleurs reçu les encouragements du gouvernement.

Un panel de soignants volontaires a testé ces premiers masques légumiers. « L’odeur est un peu forte, mais au moins on est protégés », a réagi un infirmier témoin. L’entreprise, qui vient de déposer un brevet sur son invention, serait en contact avec des industriels textiles afin de développer ses masques. « Répondre à la crise agricole et à la crise sanitaire d’un même coup, voilà qui nous met la patate », a plaisanté, en conclusion, le directeur de Farm’acopée.

  • Source :Le facétieux poisson printanier de Reporterre
  • Photo : collection particulière

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