Vieille centrale nucléaire à l’arrêt cherche à se débarrasser de ses déchets

Durée de lecture : 2 minutes

13 février 2014 / Véronique Le Billon (Les Echos)



Le nucléaire, c’est formidable : les types de déchets se multiplient comme champignons sous la pluie. Alors que l’enfouissement des déchets à vie longue est retardé à Cigéo, la filière nucléaire cherche un nouveau site pour se débarrasser des rebuts radioactifs de démantèlement des vieux réacteurs.


Une autre filière que les déchets de haute activité se cherche toujours un site : à Saint-Laurent-des-eaux, en bordure de la Loire, les deux réacteurs nucléaires graphite-gaz, mis à l’arrêt par EDF au début des années 1990, attendent patiemment d’être démantelés, comme les autres réacteurs de première génération.

Lancée en 2008, la recherche d’un site de stockage a été arrêtée dès l’année suivante, les deux communes candidates ayant jeté l’éponge sous la pression des anti-nucléaires. Les déchets à enfouir sont dits « FA-VL », c’est-à-dire « faible activité-vie longue », ce qui nécessite un stockage de faible profondeur et donc des conditions géologiques particulières, avec notamment une couche d’argile de plusieurs dizaines de mètres de profondeur.

Pour éviter un nouvel échec dans sa quête d’un site, l’Andra a demandé à EDF et Areva d’examiner les possibilités de stockage sur leurs sites nucléaires. Si deux ou trois noms ont été évoqués - notamment ceux de Malvési (Aude) et de Pierrelatte (Drôme) -, les recherches les plus avancées se situent à nouveau dans l’Aube, où sont déjà implantés, depuis que celui de la Manche est plein, les deux centres français (le CSA et le Cires). Des investigations géologiques ont été menées ces derniers mois dans cinq communes de la communauté de communes de Soulaines. Une phase d’analyse des résultats est lancée. Le site qui sera finalement retenu accueillera également les déchets radifères (contenant du radium), issus pour une bonne part de l’industrie et, notamment, de Rhodia (devenu Solvay), mais aussi toutes sortes de déchets divers (paratonnerres, détecteurs d’incendie, peintures luminescentes...). La mise en service de l’installation n’interviendrait qu’à l’horizon 2025.

Dans sa nouvelle quête de site, l’Andra aimerait faire d’une pierre deux coup en accueillant également les déchets à très faible activité (TFA). Au rythme actuel d’exploitation, la capacité autorisée du Cires de Morvilliers sera en effet atteinte dès 2025, voire plus tôt. « Nous remplissons le site de Morvilliers beaucoup plus vite que prévu, il faut penser autrement pour les déchets de démantèlement, explique Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l’Andra. Nous discutons actuellement avec l’Etat du lancement d’un appel à projets pour que des laboratoires de recherche et des PME innovent en matière de caractérisation des déchets, de tri ou de nouveaux matériaux ». L’Andra doit désormais présenter « pour le 30 juin 2015, un schéma industriel global répondant aux besoins de nouvelles capacités de stockage des déchets radioactifs de très faible activité », selon un décret.





Source : Les Echos

Photo : Les réacteurs désormais inutiles de Saint-Laurent-des-Eaux : EDF

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