Voici le CO2... comme vous ne l’avez jamais vu

Durée de lecture : 3 minutes

20 mars 2013 / Sophie d’Anhalt (L’Expansion)

Partant du principe que l’on ne comprend que ce que l’on voit, la société Carbon Visuals développe des outils de visualisation de nos émissions de gaz à effet de serre. Des images qui font réfléchir.

Des tonnes, des millions de tonnes, des centaines de millions de tonnes, des milliards de tonnes. Lorsque nous évoquons l’empreinte climatique de nos activités, nous nous mettons rapidement à jongler avec des chiffres qui dépassent l’entendement.

Et les climatologues, qui s’amusent, eux, avec leurs teragrammes et autres gigagrammes de carbone, ne nous facilitent pas non plus la comprenette.

Pourtant, en climatologie, comme en toute chose, un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. C’est tout le projet de la société Carbon Visuals. Créée par Antony Turner, son concept est lumineux.

Lors d’une récente conférence, l’ingénieur anglais le rappelait simplement : « La raison fondamentale qui explique l’indifférence de la société à la problématique climatique est que les gaz à effet de serre sont invisibles. »

Le boulot de l’entreprise britannique consiste donc à montrer au monde ces GES que nous ne voyons pas. Entouré de geeks, de pros de la 3D et de graphistes, Antony Turner met en scène l’invisible, nous révèle enfin l’importance de nos émissions.

Son coup de génie marketing a été la mise en ligne sur YouTube, peu de temps avant le passage de l’ouragan Sandy, d’une vidéo visualisant les rejets carbonés de New York.

Partant du principe qu’une tonne de gaz carbonique tient dans un gros ballon de 10 mètres de diamètre et que le bilan carbone annuel de la Grosse Pomme est de 54,3 millions de tonnes de dioxyde de carbone, le film d’animation montre l’éclosion, dans les rues new-yorkaises, d’une bulle bleue de CO2 toutes les deux secondes.

Au bout d’une journée, une montagne de bulles engloutit les 381 mètres de l’Empire State Building. En un an, Manhattan a totalement disparu sous un massif turquoise que l’on ne peut survoler qu’en avion.

Voir la video.

Le travail de Carbon Visuals est de concevoir et de produire des outils pédagogiques pour les entreprises, institutions et collectivités qui souhaitent sensibiliser salariés, clients, citoyens et administrés aux effets climatiques de leurs habitudes.

Impressionnant de voir que les 1 620 tonnes de CO2 produites par un champ de 200 hectares de pommes de terre (donnant 9 000 tonnes de tubercules) occupent le volume d’un cube de 857 375 mètres cubes, haut de 95 mètres. Un cube sur lequel on peut facilement visualiser les baisses d’émissions en utilisant moins d’intrants ou en optimisant le transport ou le stockage des patates.

En couplant modélisation, logiciel Google Earth et performance énergétique, Carbon Visuals produit des images de ville où, à la taille et à la couleur de chaque bâtiment, correspond leur bilan carbone. Son outil le plus étonnant est, peut-être, la trame carbone.

Une image de synthèse de la planète est recouverte d’un fin maillage sur lequel on peut visualiser une représentation graphique des émissions d’un pays, d’une région, d’une agglomération voire d’une famille. Très efficace !


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Lire aussi : Croissance : émissions de CO2 et PIB font la paire

Source et photo : L’Expansion.com

Première mise en ligne sur Reporterre le 6 décembre 2012.

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