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Politique

Zack Polanski, un électron libre propulsé à la tête des Verts anglais

Zack Polanski, nouveau chef du Green Party britannique, lors des résultats de la primaire à Londres, le 2 septembre 2025.

Élu à 85 % des voix lors de la primaire des Verts en Angleterre, « l’écopopuliste » Zack Polanski est un électron libre au parcours inhabituel, qui mise sur un discours anti-élites et entend « remplacer le Labour ».

Londres (Angleterre), correspondance

Le 2 septembre, les résultats de la primaire des Verts sont venus confirmer l’intuition partagée cet été par toute la presse britannique. Zack Polanski, candidat « écopopuliste » et chef adjoint du Green Party depuis 2022, l’a emporté sur ses rivaux avec 20 411 voix, contre 3 705. Un désaveu pour l’approche centriste et modérée de ses adversaires, et la preuve que sa campagne accrocheuse a bien fonctionné.

Si Adrian Ramsay, qui codirigeait les Verts depuis 2021, avait le profil typique d’un chef de parti — membre depuis ses 16 ans, diplômé en politique, élu local, député —, Zack Polanski présente un parcours plus chaotique. « Une chose est sûre, [avec lui] ce ne sera pas ennuyeux », affirmait The Guardian à l’annonce de sa victoire.

Décrit comme « enthousiaste », « homme du peuple » et « candide », il a immédiatement annoncé vouloir « remplacer le Labour » qui dirige le pays depuis juillet 2024, en l’attaquant par la gauche.

Des positions qui dérangent

Zack Polanski est né David Paulden en 1982. Il a grandi près de Manchester, dans une famille juive où la politique ne faisait pas partie du quotidien : sa mère était actrice et son père employé d’un magasin de bricolage. Ils ont divorcé tôt et, une fois majeur, Polanski a repris le patronyme familial originel et changé son prénom.

Scolarisé dans le privé grâce à une bourse d’études, il a été renvoyé et a fini ses études dans le public. Pour devenir comédien, il est parti dans une école de théâtre en Géorgie. C’est aux États-Unis, affirme-t-il, qu’il a pris conscience « des inégalités, du racisme et de l’homophobie ». Un temps engagé dans des projets communautaires, il est rentré s’installer dans l’est de Londres.

De cette période, ses détracteurs retiennent une expérience sexiste menée en 2013 sur une journaliste du Sun. À l’époque hypnothérapeute, il prétendait pouvoir faire grossir les seins rien qu’avec l’hypnose, une séance à laquelle s’est prêtée la journaliste pour un article — Polanski s’en est depuis excusé à plusieurs reprises, sans que l’affaire n’aille plus loin.

Il a d’abord rejoint le parti centriste Libéral-Démocrate et tenté par deux fois de se faire élire, avant d’arriver chez les Verts en 2017. Il a été élu à l’Assemblée de Londres en 2021, et est rapidement devenu chef adjoint du Green Party, apparaissant dans les médias lorsqu’il s’est fait arrêter avec des activistes du mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion. En janvier 2025, il s’est attiré les foudres des Conservateurs en refusant d’animer une table ronde où le panel ne comptait aucune femme.

Végane, gay et juif, il compte sur son expérience d’acteur pour adopter une politique au style direct, qui revendique le besoin de « raconter des histoires » pour capter l’électorat, et invite son parti à être « plus audacieux ».

En cela, il salue « les qualités de narration » du chef du parti d’extrême droite populiste Reform UK, Nigel Farage. L’une de ses vidéos de campagne, qui a reçu plus de 46 000 « likes » sur Instagram, reprend et détourne ces codes : quand Farage aime à poser sur les plages du sud de l’Angleterre pour dénoncer les traversées de la Manche en petites embarcations, Zack Polanski se filme au pied des falaises de Douvres pour porter le message inverse, et affirmer que la crise ne vient pas de l’immigration, mais des ultrariches.

Pas l’unanimité

Parmi ses priorités : diminuer les factures grâce à l’énergie renouvelable et à la nationalisation des fournisseurs en eau, se battre contre les inégalités et militer pour des logements décents. Il souhaite également quitter l’Otan et se dit en faveur d’un revenu universel.

Autant de propositions qui séduisent, à gauche, alors que le budget d’automne annoncé pour le 26 novembre pourrait contenir des hausses d’impôts, et que le Labour a pour l’instant refusé de revenir sur le plafonnement des allocations familiales, et a réduit certains minima sociaux. Rien n’est pourtant acquis : les Verts n’ont que quatre députés à Westminster, et Polanski n’aura guère plus d’un an pour faire ses preuves avant la prochaine primaire du Green Party.

Son profil ne fait d’ailleurs pas l’unanimité : les grands noms des écologistes ont refusé de le soutenir, et Caroline Lucas, unique députée des Verts pendant quatorze ans, lui a préféré ses rivaux plus centristes. Le fait que Polanski ait annoncé sa candidature dans la presse lui a valu d’être critiqué par des figures du parti qui y ont vu une tentative de « prise de contrôle hostile », et l’ont accusé d’utiliser un langage « polarisé », au risque d’aliéner les soutiens traditionnels des Verts.

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