« Le pouvoir de vivre », 19 organisations présentent un pacte écologique et social

Durée de lecture : 3 minutes

5 mars 2019

Mardi 5 mars, 19 organisations environnementales, de solidarité, d’éducation, syndicalistes et mutualistes ont présenté un pacte écologique et social « pour donner à chacun le pouvoir de vivre ». Avec ce document comprenant 66 propositions traitant de justice sociale, de transition écologique, de démocratie, elles espèrent peser dans le « grand débat national ».

« Nous avons voulu nous rassembler et partir des exigences formulées partout en France pour verser au débat public un agenda de transformation et de justice », écrivent ainsi les organisations en préambule de leur pacte. « Garantir l’accès à un logement digne », « construire un bouclier de services publics dans tous les territoires », « appliquer le principe de pollueur/payeur à tous », « développer des mobilités plus durables », « investir dans la rénovation énergétique »  : les propositions avancées visent toutes à « lier le social et l’écologie ». « Il existe un plancher social, en dessous duquel on ne peut vivre dignement, et un plafond écologique, au dessus duquel nos modes de production et de consommations dépassent les limites de la planète, a précisé Véronique Fayet, du Secours catholique, lors de la conférence de presse de ce mardi. Nos propositions visent à développer un bien vivre entre ces deux bornes. »

Et pour mettre en œuvre ses mesures, les organisations appellent de leurs vœux une réforme fiscale en profondeur, avec « la redistribution et le partage des richesses » comme lignes directrices. Elles demandent aussi que « les investissements en faveur de la transition écologique soient sortis du calcul du déficit public dans les règles européennes », car « les investissements d’aujourd’hui sont les économies de demain. » , a souligné Jean-David Abel, de France Nature Environnement.

Mais pourquoi un énième pacte ? Pour réaffirmer le rôle des organisations de la société civile dans la transition, à en croire Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT : « L’exercice du pouvoir est trop vertical, le gouvernement a pensé pouvoir se passer des corps intermédiaires. Aucun d’entre nous n’a été suffisamment entendu quand nous avons tiré la sonnette d’alarme sociale et écologique, notamment sur la taxe carbone. » D’après lui, le mouvement social des Gilets jaunes est donc une conséquence directe de ce manque d’écoute et de dialogue des dirigeants. Mais le pacte social et écologique entend aussi s’adresser aux citoyens mobilisés — bien souvent d’ailleurs hors du cadre syndical ou associatif classique, tels les Gilets jaunes ou les militants pour le climat —, comme l’a expliqué Jean-David Abel : « C’est à nous tous de nous emparer de ce pacte et de le porter, dans nos territoires, dans nos mobilisations . »

Tous l’ont affirmé en tous cas : il ne s’agit pas d’une nouvelle opération de com’. « Travailler à 19 organisations, ça nous a demandé du temps, nous nous sommes beaucoup investi dans la construction de ce pacte, donc ce n’est pas pour l’enterrer demain », a confirmé Laurent Berger. Et pour s’assurer du suivi des 66 propositions, les structures prévoient la création d’un Observatoire du pouvoir de vivre, chargé de vérifier la cohérence des choix politiques et budgétaires avec le pacte. « On souhaite que l’impact de chaque loi ou politique publique soit évalué sur les 10 % les plus pauvres de la population et au regard des objectifs environnementaux, a précisé Claire Hedon, présidente d’ATD Quart Monde. Il n’est pas normal par exemple qu’après avoir annoncé le plan de lutte contre la pauvreté, le gouvernement et le Parlement aient adopté une loi Élan sans aucune mesure pour lutter contre le mal logement. »

Outre l’Observatoire, les propositions seront poussées lors des tables rondes du « grand débat national », puis portées auprès des décideurs politiques (locaux et nationaux) et économiques. D’autres outils sont envisagés, comme une pétition en ligne, mais elles seront discutées dans les prochaines semaines par les organisations.

  • Source : Reporterre
  • Photo : mardi 5 mars au siège parisien de la CFDT



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