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En bref — Nature

40 000 espèces sont menacées d’extinction dans le monde

Un desman des Pyrénées, l'une des deux dernières espèces de desman de la planète, désormais en danger.

Sur le front de la biodiversité, les nouvelles ne sont pas bonnes. Jeudi 9 décembre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a tiré une fois encore la sonnette d’alarme. La liste rouge des espèces en danger ne cesse de s’étoffer. Ce document de référence qui suit l’évolution de 142 577 espèces, faune et flore confondues a recensé pour la première fois plus 40 000 espèces en voie de disparition, ce qui représente 28 % des espèces connues par les naturalistes.

Parmi elles, on compte plusieurs espèces vivant sur le territoire français. La nouvelle évaluation classe notamment dix sous-populations de baleines et de dauphins de la mer Méditerranée « en danger » ou « en danger critique d’extinction ». Le rorqual commun a également été placé sur la liste des espèces « en danger » en raison d’un déclin considérable de sa population.

Les espèces disparaissent à une vitesse alarmante. © UICN

Le desman des Pyrénées, surnommé rat-trompette, est désormais considéré comme « en danger », alors que cet animal qui vit en France et dans le nord de la péninsule ibérique était auparavant classé comme « vulnérable ». L’UICN estime que « la population de desman des Pyrénées a diminué jusqu’à 50 % dans toute son aire de répartition depuis 2011, en grande partie en raison des impacts humains sur son habitat » — essentiellement des aménagements sur les cours d’eau, des barrages, des captages pour l’agriculture ou la neige artificielle. L’institution rappelle que cet « animal singulier est l’un des derniers de sa lignée évolutive et l’une des deux seules espèces de desman encore présentes dans le monde ».

Un millier d’espèces de libellules en voie de disparition

Plus inquiétant, encore, la dernière évaluation de l’UCIN a étudié pour la première fois de manière exhaustive l’état de conservation des populations de libellules à travers le monde. Là aussi, les résultats sont terribles. Un millier d’espèces sont menacées de disparition. Les libellules et demoiselles se meurent, victimes de la disparition des zones humides. Au moins 1/6ᵉ des espèces risquent de s’éteindre.

« En mettant ainsi en lumière les pertes de libellules dans le monde, la liste rouge […] souligne la nécessité urgente de protéger les zones humides et la riche biodiversité qu’elles abritent », estime le directeur général de l’UICN, Bruno Oberle. « Ces écosystèmes disparaissent trois fois plus vite que les forêts partout dans le monde », affirme-t-il dans un communiqué.

Une libellule en train de manger un autre insecte, en juillet 2021. © Pierre-Olivier Chaput / Reporterre

Selon un rapport de la convention de Ramsar des zones humides publié en 2018, entre 1970 et 2015, 35 % des zones humides dans le monde — lacs, rivières, marais ou encore zones côtières ou marines — ont effectivement disparu.

« Afin de conserver ces magnifiques insectes, il est essentiel que les gouvernements, l’agriculture et l’industrie prennent en compte la protection des écosystèmes de zones humides lors de projets de développement, par exemple en protégeant les habitats clés et en consacrant un espace aux zones humides urbaines », dit Viola Clausnitzer, coprésidente du Groupe de spécialistes des libellules de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.

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